SOUHAITS AU DESTINATAIRE
et systèmes qui ne fournissent d'aliment qu'à de vaines discussions. Son enseignement est tout entier orienté vers la vie éternelle, comme vers son but définitif. Sur les lèvres de saint Paul et dans le cœur de ceux qui l'accueillent, la doctrine est semence de vie éternelle. Comme il arrive parfois, la phrase de l'Apôtre est tourmentée et hachée par les incidentes : nous devons analyser pour n'en rien perdre. Cette vie éternelle, dans la joie souveraine de Dieu même, n'était pas due à notre nature, mais Dieu l'avait éternellement préparée dans le mystère de son Christ et le concert de son infinie bonté. C'était déjà une promesse, mais voilée et gardée dans le secret de Dieu. A l'heure marquée par lui, il a manifesté au monde cette promesse et garanti notre espérance au moyen de l'Evangile dont le Dieu Sauveur m'a confié la prédication. Nous le remarquons une fois de plus, celui qui écrit la lettre ne peut parler de lui et de l'œuvre qui est sienne qu'à la condition de rapporter tout à Dieu.
La lettre est adressée à Tite que nous ne connaissons que par les épîtres de saint Paul (II Cor., II, 13 ; VII, 6, 13- 14 ; VIII, 6, 16, 17, 23 ; XII, 18 ; Gai., Il, 1, 3). Les Actes n'ont pas prononcé son nom. Après les premières épîtres, le silence se fait autour de lui ; nous n'avons plus d'autre mention, hormis sa lettre, que celle de la Deuxième à Timothée (IV, 10). Tite était né de parents païens et sans doute avait été converti par saint Paul qui l'appelle son fils, son vrai fils, et il justifiait par sa fidélité -l'affection de l'Apôtre. Nous devons même observer que la lettre à lui adressée n'a nulle trace des vives recommandations personnelles dont Timothée a été l'objet. Mais si l'Apôtre a conquis le disciple, il n'y a pour l'un et pour l'autre qu'une même foi enseignée par l'un, recueillie par l'autre, appartenant au même titre à l'un et à l'autre.
Le souhait de l'Apôtre est celui que nous connaissons de longue date : la grâce «t la paix qui viennent de Dieu le Père comme tout don parfait, et de Jésus-Christ, le Sauveur, comme cause méritoire.