‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 65 sur 663 · DÉLIVRANCE DE PAUL ET DE SILAS · texte numérisé non relu

DÉLIVRANCE DE PAUL ET DE SILAS

la prison au sujet d'hommes dangereux, probablement des magiciens, doués, comme on l'a vu, d'un grand pouvoir : ils ont, d'un mot, délivré la petite esclave. Le gardien en fait son affaire, relègue ses prisonniers dans la portion la plus reculée de la prison et les met aux entraves.

25 Media autem nocte Paulus et Silas orantes laudabant Deum : et audiebant eos, qui in custodia erant. 26 Subito vero terraemotus factus est magnas, ita ut moverentur fundamenta carceris. Et statim aperta sunt omnia ostia : et universorum vincula soluta sunt. ^^ Expergefactus autem custos carceris, et videns januas aperias carceris, evaginato gladio volebat se interficere, aestimans fugisse vinctos. 28 Clamavit autem Paulus voce magna, dicens : Nihil tibi mali feceris : univers! enim hic sumus. 29 Petitoque lumine, introgressus est : et iremefactus procidit Paulo et Silae ad pedes. 3o Et producens eos foras, ait : Domini, quid me oportet facere, ut salvus fiam ? 31 At illi dixerunt : Crede in Dominum Jesum : et salvus eris tu, et domus tua. 32 Et locuti sunt ei verbum Domini mm omnibus qui erant in domo ejus. ss Et tollens eos in illa hora noctis, lavit plagas eorum : et baptizatus est ipse, et omnis domus ejus continua. 34 Cumque perduxisset eos in domum suam, apposait eis mensam, et laetatus est cum omni domo sua credens Deo, 35 Et cum dies factus esset, miserunt magistratus lictores dicentes : Dimitte homines illos. se jslantiavit autem custos carceris verba haec Paulo : Quia miserunt magistratus ut dimittamini, nunc igitur exeuntes, ite in pace. 37 Paulus autem dixit eis : Caesos nos publiée, indemnatos, homines Romanos miserunt in carcerem, et nunc occulte nos ejiciunt ? Non ita, sed veniant, 38 et ipsi nos ejiciant. Nuniiaverunt autem magistratibus lictores verba haec. Timueruntque audito quod Romani essent : 39 et venientes deprecati sunt eos, et educentes rogabant ut egrederentur de urbe. ^^ Exeuntes autem de carcere, introierunt ad Lydiam : et visis tratribus consolati sunt eos, et profecti sunt.

Vers minuit, en dépit des souffrances endurées et encore cuisantes, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, à la grande surprise des autres détenus. La surprise se changea en terreur lorsqu'un violent tremblement de terre secoua les fondements de la prison, en ouvrit les portes, et brisa les liens, non seulement des apôtres, mais de tous les prisonniers. Le geôlier levé en sursaut, et voyant grandes ouvertes les portes de la prison, ne doute pas un instant que les prisonniers ne se soient enfuis, grâce à une action magique plus puissante encore que celle qu'il avait redoutée. Le gardien d'une prison publique était personnellement intéressé à la garde de ses détenus : en cas d'évasion il était réputé complice, et passible de la même peine qui devait atteindre les prisonniers. Aussi le geôlier de la prison de Philfppes se regarde-t-il comme déshonoré, tire son épée et veut s'en percer lui-même, lorsque saint Paul intervient pour le rassurer : « Ne vous faites aucun mal, lui dit-il à haute voix ; nous sommes tous ici. »

A la hâte, le gardien rassuré demande de la lumière, entre dans la prison, se lette aux genoux de Paul et de Silas, puis les entraîne avec lui hors de la prison : « Seigneurs, leur dit-il, que dois-je faire pour être sauvé ? » La question est bien précise. Avait-il assisté aux prédications de saint Paul ? Avait-il appris quelque chose de la doctrine nouvelle ? Avaitil simplement pris sa part de la préoccupation universelle relative au salut et à la justice ? La lumière de Dieu, en même temps que le miracle, l'avait-elle intérieurement éclairé ? Quoi qu'il en soit, les dispositions du geôlier converti parurent si complètes que les apôtres lui dirent : « Croyez en Notre- Seigneur Jésus-Christ, vous et votre maison, et vous serez sauvés. » Et dans la nuit même, ils prirent le loisir nécessaire pour enseigner au gardien et à sa famille les vérités essentielles de la foi et leur donner le baptême. Le gardien, de son côté, lava les plaies dont Silas et Paul étaient meurtris, puis leur fit préparer un repas ; la maison tout entière fut en grande liesse, ayant reçu la foi.

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