‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 66 sur 663 · DÉLIVRANCE DE PAUL ET DE SILAS · texte numérisé non relu

DÉLIVRANCE DE PAUL ET DE SILAS

Le jour vint. Les duumvirs avaient-ils été avertis par le tremblement de terre ? Avaient-ils appris quelque chose de ce qui s'était passé durant la nuit? Luc et Timothée, qu'on avait laissés libres, prirent-ils sur eux de les avertir de leur méprise ? La loi Valeria et la loi Porcia avaient depuis longtemps interdit de torturer un citoyen romain : nous entendons encore les adjurations terribles de Cicéron contre Verres à l'occasion du supplice infligé à l'Etrurien Gavius. Toujours est-il quejes duumvirs, inquiets de ce qu'ils avaient fait, et de ce qu'ils avaient laissé faire, envoyèrent à la hâte les licteurs, avec un ordre d'élargissement. Le gardien de la prison en avertit Paul et Silas : « Les magistrats de la ville ont ordonné de vous délivrer : venez maintenant, et allez en paix.» Paul et Silas avaient repris leur place dans la prison, et les licteurs accompagnaient le geôlier. La fierté de saint Paul se révolta contre ce procédé de justice honteuse : « Comment, dit-il en s'adressant aux licteurs, hier, en public, sans jugement aucun, on a déchiré de coups des citoyens romains, on les a jetés en prison : et aujourd'hui c'est en cachette et comme à huis-clos qu'on vient les congédier ! Il n'en sera rien, et nous ne sortirons que lorsque les duumvirs viendront eux-mêmes nous rendre la liberté. » A leur retour les licteurs rapportèrent ces paroles aux duumvirs, qui furent très effrayés, apprenant que les prisonniers étaient citoyens romains. Ils se rendirent sur l'heure aux exigences de saint Paul, vinrent, eurent de bonnes paroles, firent des excuses, délivrèrent les deux prisonniers, mais pour éviter, disaient-ils, une sédition nouvelle, peut-être pour s'épargner à eux-mêmes une plainte en justice, prièrent les apôtres de partir de Philippes. Paul et Silas sortirent de prison, prirent congé de Lydia, dirent adieu aux frères, et se retirèrent, selon la prière des duumvirs. Saint Luc demeure à Philippes : iL rejoindra dans quelques années (Act, XX, 5). Peut-être aussi l'Apôtre laisse-t-il à Timothée le soin de la petite communauté chrétienne de Philippes, en l'invitant à rejoindre, lui aussi, soit à Thessalonique, soit à Bérée.

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