A L'ARÉOPAGE
et omnia : 26 fecitque ex uno omne genus hominum inhabitare saper universam faciem terrae, definiens statuta iempora, et ierminos habitaiionis eoram, 27 quaerere Deum si forte at' trectent eum, aut inventant, quamvis non longe sit ab unoqaoque nostrum. 28 Jn ipso enim vivimus, et movemur, et sumus : sicut et quidam vestrorum poetarum dixerunt : Ipsias enim et genus sumus. 29 Genus ergo cum simus Dei, non debemus aestimare auro, aut argento, aut lapidi, sculpturae artis, et cogiiationis hominis, Divinum esse simile. ^^ Et tempo ra quidem hujus ignorantiae despiciens Deus, nunc annuntiat hominibus ut omnes ubique poenitentiam agant, si eo quod statuit diem, in quo judicaturus est orbem in aequitate, in viro, in quo statuit.. fidem praebens omnibus, suscitans eum a mortuis. 32 Cum audissent autem resurrectionem mortuorum, quidam quidem irridebant, quidam vero dixerunt : Audiemus te de hoc iterum. ss Sic Paulus exivit de medio eorum. s* Quidam vero viri adhaerentes ei, crediderunt : in quibus et Dionysius Areopagita, et mulier nomine Damaris, et alii cum eis.
Très entouré, saint Paul commença. Seul il a pu fournir à son historien le sens et les pensées de son discours ; même dans ce résumé rapide nous pouvons admirer avec quelle richesse et quelle souplesse intellectuelle l'Apôtre se fait tout à tous. Car un lecteur attentif observera facilement combien, le thème est différent selon qu'il parle à Antioche (XIII), à Iconium (XIV), à Thessalonique (XV) et à Athènes. Le spectacle de l'Acropole et du temple des Euménides semble avoir inspiré l'Apôtre ; son début est piquant et flatteur. Athéniens, leur dit-il, vous êtes sans conteste, de tous les hommes du monde, les plus abondamment religieux. Vous avez donné chez vous le droit de cité à tous les dieux, vous avez voulu n'en négliger aucun : Athènes, c'est l'Olympe en raccourci. En chemin et parmi les statues de vos dieux, j'ai aperçu un autel avec cette inscription : Au Dieu inconnu. Eh bien ! ce Dieu que vous honorez sans le connaître, je viens vous parler de lui. C'est le Dieu qui a fait le monde et tout
ce que le monde renferme. Le ciel et la terre sont à lui, il n'est pas contenu dans l'enceinte étroite des temples faits de main d'homme (saint Paul se rappelle peut-être le discours de saint Etienne, VII, 48) ; le culte qui lui est rendu par les hommes ne lui apporte rien comme bien-être ; car il n'a besoin de rien. C'est lui au contraire qui donne à tous la vie, l'âme, tout ce qu'ils possèdent. C'est lui qui, à l'origine, a fait sortir d'un seul homme toute la race humaine, qu'il a répandue ensuite sur la surface de la terre, marquant aux nations diverses leurs frontières, leur durée, leurs époques de grandeur.
Tous ces bienfaits auraient dû le préserver d'être méconnu : ignoto Deo. En effet l'existence des choses et leur essentielle bonté avaient pour dessein d'inviter les hommes à chercher leur auteur, d'abord à tâtons et comme dans les ténèbres, et à le trouver enfin. Et pourtant il est proche de chacun de nous : c'est en lui, en effet, et de lui que nous tenons la vie, le mouvement et l'être. Quelques-uns mêmes de vos poètes l'ont reconnu : « Nous sommes, ont-ils dit, du sang de Dieu. »
L'intelligence athénienne, si éveillée et si amoureuse de grands aperçus dut s'épanouir devant cette conception de la religion vraie. Chose remarquable ! l'Apôtre semblait marquer aux écoles de philosophie d'alors la part de vérité qu'elles contenaient encore. Les épicuriens eux-mêmes pouvaient applaudir à la pleine suffisance de la Divinité qui est source, et à qui nul ne peut rien ajouter : nihil indlga nosirl, avait dit Lucrèce. Le stoïcisme pouvait se reconnaître dans cette parenté avec Dieu affirmée par lui de concert avec la doctrine nouvelle. Il semble même que la réaction religieuse inaugurée par Socrate eut sa part dans ce qui suit.
Si nous sommes, poursuit l'Apôtre, du sang et de la race de Dieu, gardons-nous de supposer que la nature divine ait rien de commun avec l'or, l'argent, la pierre, façonnés par Fart et la main des hommes. Nous avons réellement méconnu Dieu durant les temps qui ont précédé. Mais voici que Dieu a fermé cette ère d'ignorance, et aujourd'hui il sollicite tous