PREMIERE PARTIE
SOUVENIRS ET FÉLICITATIONS CHAPITRE I (suite)
2" Grattas agimus Deo semper pro omnibus vobis, memoriam vestri facientes in orationibus nostris sine intermissione, s memores operis fidei vestrae, et laboris, et charitatis, et sustinentiae spei Domini nostri fesu Christi, ante Deum et Patrem nostrum : ^scientes, fratres dïlecti a Deo, electionem vestram : s quia Evangelium nostrum non fuit ad vos in sermone tantum, sed et in virtute, et in Spiritu sancto, et in plenitudine multa : sicut scitis quales fuerimus in vobis propter vos. 6 et vos imitatores nostri facti estis, et Domini,excipientes verbum in tribulatione multa, cum gaudio Spiritus sancti : 7 ita ut facti sitis forma omnibus credentibus in Macedonia, et in Achaia. s A vobis enim diffamatus est sermo Domini, non solum in Macedonia, et in Achaia, sed et in omni loco fides vestra, quae est ad Deum, profecta est, ita ut non sit nobis necesse quidquam loqui. » Ipsi enim de nobis annuntiant qualem introitum habuerimus ad vos: et quomodo conversi estis ad Deum a simulacris, servire Deo vivo, et vero, lo et expectare Filium ejus de caelis (quem suscitavit ex mortuis) Jesum, qui eripuit nos ab ira ventura.
La conversion de Thessalonique est un bienfait de Dieu. Aussi l'Apôtre, ne se séparant jamais de ses compagnons, rend-il grâces à Dieu à toute heure, sans se lasser jamais, et porte dans sa prière le souvenir constant de ceux qu'il a donnés à Dieu. Très habituellement c'est par une expression de remerciement qu'il commence chacune de ses épîtres. Ici le motif de sa reconnaissance lui est fourni tout d'abord par le souvenir qu'il garde, devant Celui qui est Dieu et notre
Père, de leur foi active, de l'empressement de leur charité, de la fermeté de leur espérance en la venue de Notre-Seigneur Jésus-Christ. A elles iseules, ces quelques paroles de l'Apôtre, les premières sans doute qui aient été écrites de tout lé recueil du Nouveau Testament, nous définissent déjà toute la vie surnaturelle, en même temps qu'elles dessinent tout l'objet de l'enseignement apostolique : l'attachement de nos âmes à Notre-Seigneur Jésus-Christ, au moyen des vertus qui ont pour fonction de nous unir à lui et, par lui, à Dieu : la foi, l'espérance et la charité.
Frères aimés de Dieu, ajoute l'Apôtre, un autre motif pour nous de bénir Dieu, c'est l'assurance que nous avons de votre élection à la vie éternelle et du dessein de miséricorde de Dieu sur chacun de vous. En effet, la parole que nous vous avons portée, il y a quelques mois, n'a pas été parmi vous une vaine déclamation, de la rhétorique pure, c'a été une parole efficace, animée par l'Esprit de Dieu, « couronnée par les grâces divines », nous dit le texte latin. Le texte original ( 7z\-f\oooopia. ) semble plutôt faire allusion à la plénitude de confiance qui a soutenu le prédicateur lui-même, ce qui serait plus conforme aux paroles qui suivent : « vous vous souvenez, en effet, quelle fut notre attitude parmi vous, ne cherchant que votre bien. »
Quant à vous, vous êtes devenus les imitateurs de nous et du Seigneur Jésus, en accueillant dans la joie de l'Esprit, en dépit des tribulations, la parole que nous vous apportions. — La félicitation de l'Apôtre n'est bien comprise qu'à la condition de se rappeler quel a été, à Thessalonique, le thème de sa prédication (Act, XVII, 3) : le Christ tel qu'il est dessiné dans les Ecritures, ses souffrances, sa résurrection et sa gloire, ses souffrances comme condition de sa gloire (Luc, XXIV, 26). Dans un instant l'Apôtre rappellera comment il a acheté lui-même, par les épreuves endurées à Philippes, les joies de son ministère à Thessalonique ; les Thessaloniciens, de leur côté, ont vraiment marché sur les traces des apôtres et du Fils de Dieu en gardant la joie de l'Esprit an milieu des tribulations qui leur ont été suscitées par les Juifs.