‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 76 sur 663 · FÉLICITATIONS · texte numérisé non relu

FÉLICITATIONS

Aussi, ces convertis d'hier deviennent-ils, par l'exemple de leur vie, prédicateurs à leur tour. Les fidèles de la Macédoine et de l'Achaïe les regardent déjà comme des modèles,, car le triomphe en eux de la grâce divine n'a point passé inaperçu. Même la nouvelle de leur conversion et de leur foi généreuse ne s'est pas contenue dans les étroites frontières de la Macédoine et de l'Achaïe, elle s'est répandue comme un son de trompette dans toutes les régions voisines, au point que les apôtres n'ont rien à apprendre à personne, tant leur parole est partout devancée et prévenue.

< Chacun, en effet, nous aborde et nous redit, comme si nous pouvions l'ignorer, l'accueil que nous avons reçu parmi vous ; on nous rapporte les merveilles de votre conversion, on nous dit comment vous vous êtes détournés des idoles pour adorer le Dieu vivant et véritable, et attendre désormais le retour de son Fils Jésus, qu'il a réveillé d'entre les morts : celui qui nous délivre de la colère à venir. »

Comme il est facile de reconnaître dans la densité de ces quelques lignes dont chaque mot porte, tout l'enseignement de l'Apôtre ! La conversion est analysée dans tous ses éléments : se détourner des idoles, se tourner vers Dieu, attendre la venue de son Fils, échapper en lui à la colère à venir, croire à la résurrection. Il est permis d'observer aussi comment depuis Thessalonique, Athènes et Corinthe, la perspective du monde futur est présente à la pensée de saint Paul.

Néanmoins, en rappelant son séjour à Thessalonique, l'Apôtre ne s'est servi encore que de formules générales, sans souvenirs plus précis ; mais le chapitre 11° suppléera abondamment à l'extrême sobriété du livre des Actes sur l'évangélisation de Thessalonique, en même temps qu'il nous laissera entrevoir que l'hostilité des Juifs contre l'Apôtre n'avait aucunement désarmé. Silas et Timothée, à leur retour, n'ont pas laissé ignorer à saint Paul que la calomnie s'employait à ruiner son autorité et son œuvre. Assez habiles auprès des magistrats de la cité pour leur persuader que les Apôtres voulaient créer à César un rival dans la personne du roi Jésus,

irrités des conversions accomplies parmi les prosélytes et les Grecs et les grandes dames, les Juifs s'efforçaient maintenant de persuader aux chrétiens qu'ils avaient été déçus par de belles paroles, dupés par un imposteur qui n'avait renoncé au mosaïsme que par une ambition secrète et un sordide intérêt. Nous ne pouvons dire dans quelle mesure ces insinuations troublèrent l'esprit des fidèles de Thessalonique, mais nous apercevons la raison qui détermine ici l'Apôtre à plaider pro domo sua, et à en appeler des calomnies intéressées de ses ennemis à la science certaine et au témoignage de ses convertis. Saint Paul ne parle de lui que parce qu'il est mis en demeure de le faire, parce que, dans la personne du prédicateur, on visait son enseignement : sa situation est, à ce, point de vue, celle-là même qui provoquera la Deuxième aux Corinthiens (X, XI, XII).

1 Nam ipsi sciiis, fratres, introitum nostrum ad vos, quia non inanis fuit : 2 sed ante passi, et contumeliis affecti (sicut scitis) in Philippis, fiduciam habuimus in Deo nostro loqui ad vos Evangelium Dei in multa sollicitudine. ^ Exhortatio enim nostra non de errore, neque de immunditia, neque in dolo, 4 sed sicut probati sumus a Deo ut crederetur nobis Evangelium : ita loquimur non quasi hominibus placentas, sed Deo, qui probat corda nostra. ^ Neque enim aliquando fuimus in sermone adulationis, sicut scitis : neque in occasione avaritiae : Deus testis est : s nec quaerentes ab hominibus gloriam, neque a vobis, neque ab aliis. ^ Cum possemus vobis oneri esse ut Christi Apostoli : sed facti sumus parvuli in medio vestrum, tamquam si nutrix foveat filios suos. ^ Ita desiderantes vos, cupide volebamus tradere vobis non solum

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