‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 77 sur 663 · CONDUITE DE L'APOTRE A THESSALONIQUE · texte numérisé non relu

CONDUITE DE L'APOTRE A THESSALONIQUE

Evangelium Dei, sed etiam animas nostras : quoniam carissimi nobis facti estis. 9 Memores enim estis, patres, laboris nostri, et fatigationis : nocte ac die opérantes, ne quem vestrum gravaremus, praedicavimus in vobis Evangelium Dei. 10 Vos testes estis, et Deus, quam sancte et juste, et sine querela, vobis, qui credidistis, fuimus : ^'^ sicut scitis, qualiter unumquemque vestrum (sicut pater filios suos), ^^ deprecantes vos, et consolantes, testificati sumus, ut ambularetis digne Deo, qui vocavit vos in suum regnum, et gloriam.

« J'en appelle à vous, mes frères, dit l'Apôtre, et à vos récents souvenirs : c'est à vous à faire justice de ces imputations. Notre arrivée parmi vous n'a pas été sans fruit, elle avait été préparée par les souffrances et les injures endurées à Philippes, vous le savez. Nous portions encore sur notre chair meurtrie les traces des mauvais traitements qui nous avaient été infligés, lorsque le Seigneur nous a inspiré de vous annoncer sa bonne nouvelle : et nous l'avons fait avec confiance en dépit des tribulations. ■»

On sent la fierté de l'Apôtre, e^ on voit venir la formule : Non erubesco Evangelium. « Pourquoi n'aurions-nous pas eu à Thessalonique cette confiance ? Il n'y a jamais rien eu dans notre prédication dont nous eussions à rougir. » Il est trois choses qui peuvent humilier la parole et déshonorer celui qui la porte : lorsque la parole sème le mensonge, lorsqu'elle se laisse guider par des motifs égoïstes ou des passions basses, lorsqu'elle use de déloyauté ; mais la parole apostolique est vérité : « nous n'avons parlé que pour le bien de vos âmes et non dans un dessein égoïste et personnel, nous n'avons fait appel à aucune manœuvre déloyale. »

« Loin de là, honorés du choix du Seigneur qui nous a confié son Evangile, nous n'avons eu d'autre pensée que de justifier cette confiance ; nous avons parlé, nous parlons, non dans le dessein de plaire aux hommes, mais dans le dessein de plaire à Dieu qui voit et juge notre cœur. » C'est le seul tribunal, en effet, qui ait qualité pour juger les apôtres. Et

pourtant, ayant consenti à discuter, l'Apôtre ne se borne pas à ce procédé sommaire de la récusation, il reprend l'un après l'autre les griefs élevés contre lui.

A-t-il usé, pour séduire, de paroles flatteuses ? Les Thessaloniciens le savent bien, ils n'ont qu'à se souvenir. A-t-il nourri une pensée de cupidité ? « Non, dit-il, Dieu m'en est témoin, et la preuve pour les hommes ne tardera pas à être faite. Nous a-t-on surpris à rechercher l'honneur auprès des hommes, auprès de vous, auprès d'autres que vous ? » Car des motifs ou des procédés humains, comme ceux-là, eussent été capables d'altérer la pureté et l'absolue droiture de sa prédication ; rien n'assure l'intégrité de la doctrine comme le désintéressement de l'Apôtre, parce que rien alors ne pèse indûment sur sa pensée ni ne la sollicite à dévier ou à s'amoindrir.

« Nous sommes apôtres du Christ, dit saint Paul avec une sainte fierté, et ses ambassadeurs auprès de vous. A ce titre, nous aurions pu exiger de l'honneur et imposer notre autorité. Mais nous avons fait remise de nos droits, nous avons oublié nos titres,et avons été au milieu de vous modestes et sans exigences ( vri-nto'., r^nio'. ). Comme une mère entoure de tendres soins ses petits enfants, ainsi aurions-nous désiré vous donner avec l'Evangile de Dieu, nos vies encore par surcroît, tant nous vous avons aimés. >

« Rappelez-vous en effet, mes frères, quels ont été parmi vous notre labeur et notre peine. Loin que l'on puisse nous accuser de cupidité, nous n'avons voulu être à charge à aucun de vous ; et c'est en gagnant notre vie par un travail de jour et de nuit, que nous vous avons annoncé l'Evangile. » Ce sera, nous l'avons vu déjà, l'invariable coutume de l'Apôtre : il n'y a d'exception que pour la seule communauté de Philippes ; ainsi les ouvriers de l'Evangile étaient reconnus à leur désintéressement.

« Dieu et vous nous êtes témoins, dit l'Apôtre, combien notre conduite envers les fidèles a été empreinte de respect, de justice, et d'entière loyauté. > Les faits sont d'hier, il est

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