‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 84 sur 663 · ADRESSE ET SOUHAITS · texte numérisé non relu

ADRESSE ET SOUHAITS

1 Paulus, et Silvanus, et Timotheus : Ecclesiae Thessalonicensium in Deo Pâtre nostro, et Domino fesu Christo. 2 Gratta vobis, et pax a Deo Pâtre nostro, et Domino fesu Christo:

L'adresse n'a rien qui la distingue de celle que nous avons lue en la première épître : mêmes personnages qui écrivent, Paul, Silas, et Timothée. Tous trois sont censés écrire à l'Eglise de Thessalonique, appelée par Dieu, appelée par le Christ, appelée à vivre dans le Christ, et par le Christ en Dieu : tous trois souhaitent aux fidèles la grâce et la paix, le bien d'origine qui est la grâce, le bien de situation définitive qui est la paix, l'accroissement des dons surnaturels qui leur viennent de cette même source qui est Dieu le Père et Notre- Seigneur jésus-Christ.

INTRODUCTION CHAPITRE I (suite)

3 Grafias agere debemus semper Deo pro vobis, fratres, ita ut dignum est, quoniam supercrescit fides vestra, et abundat chantas uniuscujusque vestrum in invicem : 4 ita ut et nos ipsi in vobis gloriemur in Ecdesiis Dei, pro patientia vestra, et fide, et in omnibus persecutionibas vestris, et tribulationibus, qaas sustinetis s in exemplum justi judicii Dei, ut digni habeamini in regno Dei, pro quo et patimini. 6 Si iamen jastum est apud Deum rétribuer e tribulationem iis, qui vos tributant : 7 et vobis, qui tribulamini, requiem npbiscum in rêvelatione Domini fesu de caelo cum Angelis virtutis ejus, s in flamma ignis dantis vindictam iis, qui non noverunt Deum, et qui non obediunt Evangelio Domini nostri fesu Christi. 9 Qui poenas dabunt in interitu aeternas a facie Domini, et a gloria virtutis ejus : lo cum venerit glorificari in sanctis suis, et admirabilis fieri in omnibus, qui crediderunt, quia creditum est testimonium nostrum super vos in die illo. ^^In quo etiam oramus semper pro vobis : ut dignetur vos vocatione sua Deus noster, et impleat omnem voluntatem bonitaiis, et opus fidei in virtute, 12 ut clarificetur nomen Domini nostri fesu Christi in vobis, et vos in illo secandum gratiam Dei nostri, et Domini fesu Christi.

Ne nous lassons pas de reconnaître dans l'âme et les écrits de l'Apôtre l'expression constante d'une reconnaissance que la préface de la Messe semble lui avoir empruntée. Ce lui est, dit-il, un devoir d'offrir à Dieu de continuelles actions de grâces pour les bienfaits surnaturels versés avec abondance sur Thessalonique. Remercier Dieu de la sorte ne va pas sans une part de félicitation affectueuse à ses convertis. Quelques lacunes de détail dans leur pensée, les faiblesses de quelques-uns dans leur conduite pratique ne ternissent pas, à ses yeux, la perfection de l'ensemble. (Observons une fois de plus en quoi consiste la perfection chrétienne : la foi qui grandit par la connaissance plus parfaite de son objet, par une adhésion plus ferme à la vérité connue, par une promptitude joyeuse de toute la vie à s'incliner devant elle ; la charité fraternelle qui nous rend empressés à nous aider les uns les autres ; l'espérance, dont l'Apôtre ne tardera pas à faire mention). Car si les persécutions n'ont pas cessé à Thessalonique, si les fidèles ont encore beaucoup à souffrir, comme l'Apôtre lui-même à Corinthe, sous l'effort combiné des Juifs et de leurs agents ; la fermeté des Thessaloniciens s'est si peu démentie que dans ses prédications, et auprès des communautés nouvelles qu'il fonde en Achaïe, l'Apôtre se fait un titre de gloire de la constance des chrétiens de Macédoine et de l'esprit de foi qui les soutient. On le voit, de la reconnaissance envers Dieu, la pensée de saint Paul a glissé à l'encouragement.

Loin que les épreuves les puissent rebuter, ils n'y verront qu'une disposition de l'équité de Dieu, et comme une garantie du discernement qu'il accomplit sur les hommes dès ici-bas. Car la persécution a pour dessein et pour fruit de les rendre dignes du royaume de Dieu pour qui ils ont à souffrir : si toutefois, ajoute l'Apôtre avec l'accent d'une assertion puissante et hautement assurée dans sa forme dubitative, si toutefois Dieu a souci des hommes et des choses, si toutefois sa justice lui prescrit de châtier par l'affliction ceux qui vous affligent aujourd'hui, s'il est vrai qu'il se propose d'accorder

à VOUS qui souffrez, et à nous-mêmes, au jour de l'avènement du Seigneur, le repos et la paix. — On voit comment se mêlent l'encouragement et l'espérance : la vie des chrétiens ne fait que reproduire la vie du Seigneur ; comme lui et par la voie des souffrances, ils entrent eux aussi dans la gloire qui leur a été préparée. On voit encore que la pensée de l'Apôtre ne se détache pas un instant de la royauté du Seigneur, ni de cet acte dernier de son avènement qui, aux yeux du monde, consacrera définitivement sa royauté. Il le décrit dans une sorte de théophanie dont les traits sont empruntés au Ps. XLIX et au Ps. XCVI. « Le Seigneur vient du ciel, armé de sa puissance divine, entouré de ses anges. Le feu marche devant lui en avant-coureur, et fait bonne justice de ceux qui n'ont pas voulu connaître Dieu, ni accueillir par la foi l'Evangile de Notre-Seigneur Jésus. Leur châtiment, ce jour-là, sera la mort éternelle loin du Seigneur, et, comme l'a dit Isaïe (II, 10, 19, 21), loin de la gloire de sa majesté, à la même heure où il viendra se glorifier dans ses saints, et faire éclater sa magnificence en la personne de tous ceux qui ont cru à Thessalonique, et ont accueilli notre parole. » Après la reconnaissance, après l'encouragement, la prière (11, 12). C'est à l'œuvre de ce dernier jour et à l'accomplissement du dessein de Dieu que s'emploie sans trêve la prière apostolique (si; S xal 7tpo!7suy6[jLs9a). Elle demande à notre Dieu qu'il achève dans les fidèles l'œuvre de leur vocation. Vocation, ici, ce n'est ni l'acte premier, l'acte divin qui les a appelés à la foi ; ce n'est même pas la dignité spéciale où ils ont été constitués, ayant obéi à l'appel de Dieu. Sans distinguer encore les moments de la vie surnaturelle, prédestination, vocation, justification, glorification, avec la netteté qu'il apportera dans l'épître aux Romains, l'Apôtre a néanmoins pleine conscience du terme dernier, glorification, auquel est ordonnée la vocation première. Et sa prière sollicite de Dieu qu'il use de sa puissance pour conduire cette vocation jusqu'à son étape dernière, et que le jugement de Dieu trouve les Thessaloniciens dignes de tout ce bonheur auquel ils ont

été prédestinés et appelés. Que Dieu accomplisse en eux tout son dessein de tendresse, et toute l'œuvre surnaturelle de la foi : ainsi sera glorifié en eux le nom du Seigneur, qu'ils portent comme chrétiens : ainsi seront-ils glorifiés eux-mêmes en Notre-Seigneur Jésus-Christ par la grâce qui leur vient de Dieu, comme source première, et de Notre-Seigneur Jésus- Christ qui la leur a méritée.

Toute cette introduction qui tient en une seule phrase caractérise la manière de l'Apôtre. Nous aurions pu le remarquer déjà lors de son discours à l'Aréopage, nous le voyons ici : nous le verrons bien mieux encore au l®'" chapitre de l'épître aux Ephésiens ; lorsqu'il est en face d'une pensée étendue et sous une émotion forte, au lieu de diviser ses phrases et de morceler leur mouvement, l'Apôtre se borne à nouer ensemble, par des incidentes et des relatifs multipliés, tous les anneaux de sa pensée, trop large pour pouvoir être dite brièvement et d'un souffle, trop dense aussi et trop ramassée pour pouvoir être divisée.

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