‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 88 sur 663 · L'ANTÉCHRIST · texte numérisé non relu

L'ANTÉCHRIST

par l'assaut de tous les éléments du mal déchaînés, les routes seront ouvertes et lés issues libres pour le mal. Rien ne le retiendra plus. Contre cette puissance d'ordre, de paix et d'harmonie, qui non seulement a pour mission d'assurer, dans le sein de Dieu, le bonheur éternel de tous les membres de la famille humaine qui auront voulu s'attacher à elle, mais qui est, répétons-le, de par Dieu la seule condition de l'ordre dans l'homme, dans la famille, dans la société, dans la nation, dans toute l'humanité ; contre cette puissance tout s'étant coalisé, et les passions populaires qui sapent l'ordre, et les pouvoirs politiques eux-mêmes ardents à leur propre ruine, plus rien ne tiendra en échec la puissance du mal ; ce sera le règne de l'égoïsme forcené, d'une forme de barbarie non plus naïve, mais savante, sur laquelle nul évangile n'aura de prise. Le frein aura été brisé : rien n'empêchera plus l'avènement de l'ennemi du Christ.

C'est alors qu'apparaîtra l'impie, l'impie par excellence, celui dont les antéchrists semés par le temps n'auront été que les diminutifs et les précurseurs. Son triomphe cependant ne sera pas de longue durée, et, selon la prophétie d'Isaïe (XI,4), le Seigneur n'aura besoin que d'un souffle ou d'une parole de sa bouche pour l'anéantir, pour effacer, par la splendeur de son avènement, tous les prestiges de son ennemi.

Car la venue de l'Antéchrist s'accomplira dans une grande manifestation du pouvoir de Satan, au milieu des prodiges et des signes menteurs. Mais ces pièges de l'Antéchrist, ces séductions du mal n'auront de succès qu'auprès de ceux qui veulent se perdre, pour n'avoir pas voulu accueillir la vérité qui les eût sauvés.

Et c'est pour châtier en eux ce mépris volontaire de la vérité que le Seigneur leur enverra un esprit de séduction qui les fera croire à l'erreur, et les rendra, à son jugement, inexcusables. Peut-être, en effet, auraient-ils pu autrement trouver un prétexte et se dire : « la vérité ne s'est point offerte à nous : elle ne s'est présentée qu'avec des titres insuffisants : et puis, notre intelligence, qui est la mesure de la vérité, ne

doit s'incliner devant aucune autorité extérieure. » De ces faux-fuyants, il ne leur restera rien, alors qu'ils se sont dérobés à la vérité connue, qu'ils se sont inclinés à l'erreur; et ont préféré le turban de Mahomet à la tiare du Pape.

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