‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 97 sur 663 · A ÉPHÈSE · texte numérisé non relu

A ÉPHÈSE

Tout se passe à Ephèse comme à Thessalonique, à Bérée, à Corinthe, et dans toutes les chrétientés fondées par l'Apôtre. Conformément au dessein de Dieu, saint Paul s'adresse à la synagogue, et reprend l'œuvre d'ApolIos : il dépense trois mois à enseigner aux Juifs le mystère du royaume de Dieu et à les exhorter. Là encore il se heurte à une résistance obstinée ; le royaume de Dieu, pour les Juifs intransigeants, c'est la Judée, depuis des siècles et pour jamais. Ils se détournent de la doctrine nouvelle, et en viennent à la décrier devant la foule. L'Apôtre se sépare alors des Juifs, renonce à la synagogue, prend avec lui ses disciples, et comme il a fait à Corinthe chez Justus, enseigne chaque jour à Ephèse, dès l'aube, dans une salle de lecture ou de déclamation qui lui avait été ouverte par un certain Tyrannus. Cette prédication dura deux ans, un peu plus même (de 54 à 57), surtout si l'on additionne les trois premiers mois consacrés à évangélîser les Juifs ; et ailleurs l'Apôtre rappelle aux Ephésiens que son séjour a duré trois ans : per triennium die ac nocte non cessavi (Act., XX, 31). C'est à ce même passage des Actes (XX, 18-35), que nous devrons demander ce qu'a été l'apostolat de saint Paul à Ephèse. Le récit des Actes se borne à quelques épisodes ; ApoIIos, les disciples de Jean-Baptiste, et tout-à-l'heure les fils de Scévas. Du moins nous y apprenons l'abondance des fruits produits par cet apostolat.

Ephèse, la capitale de l'Asie proconsulaire, avait été choisie par l'Apôtre à bon escient. A plusieurs reprises, saint Léon a relevé l'avantage que le christianisme naissant retira de la structure centralisée de l'Empire romain : Disposito divinitus operi maxime congruebat, dit-il, ut multa régna uno confoederarentur imperio, et cito pervios haberet populos praedicatio generalis quos unius teneret regimen civitatis (Serm. I in Nat. Apost. Pétri et Pauli). Et ailleurs : Beatissimus Petrus ad arcem romani destinatur imperii, ut lux veritatis, quae in omnium gentium revelabatur salutem, efficacius se ab ipso capite, per totum mundi corpus diffunderet (Serm. I de SS. Apost. Petro et Paulo). Avec saint Pierre, nul mieux:

que saint Paul n'a compris ce dessein de Dieu, nul plus que lui ne s'est établi de préférence dans les situations centrales où tout vient aboutir, et d'où part tout mouvement étendu. D'Ephèse, il avait non seulement le loisir de se rendre à Corinthe, (encore que les Actes n'en disent rien : seule la Deuxième aux Corinthiens, XIII, \, Ecce «tertio» hoc venio ad vos, nous le fait supposer), mais il atteignait facilement toute la région de Lydie et de la Carie dont se composait l'Asie proconsulaire. Juifs et Grecs l'entendirent. Des Eglises se fondèrent à Smyrne, à Thyatire, à Pergame, à Colosses, à Laodicée, à Hiérapolis, à Sardes, à Philadelphie, à Milet. Dieu accréditait par de nombreux miracles la parole de l'Apôtre : les guérisons tantôt venaient de sa main ; parfois aussi par le simple contact de linges et de vêtements dont il avait fait usage, et dont le seul attouchement chassait les mauvais esprits et dissipait les maladies physiques.

13 Tenfaverunt autem quidam et de circumeuntibas Judaeis exorcistis, invocare super eos, qui habebant spiritus malos, nomen Domini fesu, dicentes : Adjuro vos per Jesum, quem Paulus praedicat. i* Erant autem quidam Judaei Scevae principis sacerdotum septem fdii, qui hoc faciebant. ^^ Respondens autem spiritus nequam dixit eis : Jesum novi, et Paulum scio : vos autem qui estis ? i6 Et insiliens in eos homo, in quo erat daemonium pessimum et dominatus amborum, invaluit contra eos ita ut nudi, et vulnerati effugerent de domo illa. i^ Hoc autem notum factum est omnibus Judaeis, atque Gentilibus qui habitabant Ephesi : et cecidit timor super omnes illos, et magnificabatur nomen Domini Jesu. 18 Multique credentium veniebani confitentes, et annuntiantes actus suos. 19 Multi autem ex eis qui fuerant curiosa sectati, contulerunt libros, et combusserunt toram omnibus : et computatis pretiis illorum, invenerunt pecuniam denariorum quinquagintd millium. ^^ Ita fortiter crescebat verbum Dei, ei rconfirmabatur.

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