‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 100 sur 217 · POÈME QUE PLUS RÉJOUISSANT POUR CEUX QUI SAVENT LE COMPRENDRE · texte numérisé non relu

POÈME QUE PLUS RÉJOUISSANT POUR CEUX QUI SAVENT LE COMPRENDRE

(G. Paris, Histoire poétique de Charlemagne, p. 196.) Cf. l’histoire charmante racontée par le Pogge (f 1459) en sa Facetie LXXX : « Vir Mediolanensis, die festo, cum audiisset unum de grege cantatorum qui gesta heroum ad plebem decantant, recitantem mortem Rolandi qui septingentis jam ferme annis in prælio occubuit, cœpit acriter flere, » etc. — 2. Nous ne pouvons que signaler en passant YOrlandino de Pierre l’Aretin, « stampato nella stampa del maestro délia stampa, dentri de la cita, in casa e non defuora, nel mille... vallo cercha ». L 'Orlandino, qui est inachevé, est, sans nul doute, postérieur à YOrlando furioso. Ce n’est pas la seule œuvre de Pierre l’Aretin qui ait ainsi paru sans date : elle a ce caractère commun avec les abominables So?ietti lussuriosi. — 3. Le beau poème de Bojardo a été précédé, et en quelque manière, préparé ou annoncé, par un certain nombre d’autres œuvres auxquelles notre épopée n’est pas étrangère : tels sont la Regina A?icroia (lre éd. Venise, 1479. Autres éditions : Venise, 1485, 1494, 1499, 1516, etc. ; Milan, 1510); Buovo di Antona, poème en 940 octaves (lre éd. Bologne, 1480); Trabisonda 1483; Altobello e re Trojano, suo fratello, (Venise, 1476) et Rersiano qui en est la continuation (Venise, 1493); Bradiamonte sorella di Rinaldo, (vers 1490, etc.); Mambriano (Ferrare, 1509, etc.) œuvre de ce Francesco Bello, dit l’aveugle de Ferrare, qui fut le contemporain de Bojardo et mourut en 1496, deux ans seulement après lui : sans parler du Guerino Meschino , en prose, (Padouo, 1473), etc. etc. == La première édition de YOrlando innamorato est de 1486. Cf. les éditions de Scandiano, vers 1495 (très rare); de Venise, 1506, 1511, 1522 (en italiques); 1527, 1528, 1532; 1534; de Milan, 1513 et 1518; de Scandiano 1532 (peu connue), etc. = L’œuvre de Bojardo a été retouchée par Lodovico Domenichi (1545) et refaite par Francesco Berni (1541); elle a été continuée par Nicolo degli Agostini (1506, 1513, 1530, etc.). » = Elle a été en outre accompagnée ou suivie d’un certain nombre d’autres poèmes qui, le plus souvent, ne procèdent pas d’elle, mais qui prouvent qu’entre Bojardo et l’Arioste, il y a eu une chaîne ininterrompue d’œuvres poétiques où l’on retrouve les vestiges plus ou moins effacés de notre épopée nationale : tels sont la Leandra de Durante da Gualdo, (lre édition, Venise, 1508); l’ Innamoramento de Guidon Selvaggio, che fie figliuolo di Ri-

x part. livr. «. allions presque dire un romantique. Bojardo, en homme

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- d’esprit, avait compris qu’on ne pouvait pas encore

se passer en Italie des héros français et qu’il n’y avait alors ni dans son pays, ni dans le monde entier, de figures aussi universellement, aussi puissamment populaires. Au reste que lui importait le cadre? Un siège de Paris par les païens, c’était bien vulgaire assurément, et Roland lui-même était un héros dont on avait étrangement abusé. Mais est-ce qu’un peintre habile n’est pas de taille à rajeunir un vieux sujet? Est-ce qu’il ne lui est pas permis d’imaginer des épisodes nouveaux et de se servir d’autres couleurs que ses devanciers? Est-ce qu’il n’v a pas enfin l’éternelle variété des caractères, des passions, des âmes? Sans doute, Bojardo n’a pas de profondeur; mais il a de l’éclat, de la verve, et surtout une féconde, une inépuisable imagination. Nul n’en a mieux parlé que G. Paris, qui lui a consacré une des plus belles pages de son Histoire poétique de Charlemagne. « L’auteur de Y Orlando innamorato, dit-il, ajoute à sa matière un élément nouveau, l’amour : non pas l’amour chaste et presque austère de Roland pour Aude, mais l’amour romanesque, chevaleresque et galant né dans les contes de la Table ronde. A cela s’ajoutent la pompe, les fêtes, les brillants tournois. La surprise, provoquée par des enchantements perpétuels, des coups d’épée extravagants, des aventures du fantastique le plus libre, remplace le sérieux intérêt de la lutte entre

naldoda Montalbano (Milan, 1516) ; Ajolfo del Barbicone disceso délia nobile stirpe di Rainaldo (Venise, 1516); le Brusiano dalleone (cycle de Beuve, Venise 1513, etc.) sans parler de la diffusion de notre Mille et Amis en italien (Milan, 1513, très rare) etc. La date de la première édition de Lama Rovenza del Martello n’est pas exactement connue, et l’on sait seulement qu’elle fut imprimée à Venise vers la fin du xve siècle. = On remarquera que plusieurs de ces œuvres ont paru la même année que la première édition de l 'Orlando furioso.

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