VI. EN ITALIE
paladins de France, ont traversé tout le moyen âge 1 VC™J; S™;,
et les siècles modernes : ils existent encore. 11 est - -
vrai qu’ils ne sont plus nombreux, et ils ne sauraient désormais avoir un succès bien durable au milieu des nouveaux boulevards et des gares de chemin de
au compilateur des Nerbonesi que le poème français a dû là-bas sa vulgarisation et sa gloire. Il lui a consacré une partie considérable de son œuvre et n’a fait un aussi grand honneur à aucune de nos autres chansons (livres VI et VII, éd. Isola; t. II, pp. 175 et ss.). Cf. notre résumé : t. IV, pp. 43, 44.
Galien fait le fond d’une partie importante du Viaggio di Carlomagno in Ispagna. Le récit italien renferme de véritables beautés, et nous l’analysons plus loin (III, pp. 332, 333, d’après l’édition de Ceruti, t. II. pp. 179-189; 203-295 ; 218-219).
Girart de Roussillon « a été connu dans le nord de l’Italie. Notre plus précieux manuscrit de ce poème a été copié dans cette contrée. » Dans l'Entrée de Spagne il est fait une allusion précise à Girart : « En Valbeton où fu l’assenblemant — Des Berguegnons et de la Franche gent, — Où fu Gerart et Folches son parant. » (P. Meyer, Girart de Roussillon, Introduction, p. cvn, citant A. Thomas, Nouvelles recherches sur V Entrée de Spagne, p. 45.)
Godefroi de Bouillon. V. Chevalier au Cygne.
Guerre d’ Espagne. V. Prise de Pampelune.
Guïbert d’Andrenas tient fort peu de place dans les Nerbonesi , (livre II, chap. xlii, éd. Isola, p. 266; livre III, chap. xii-xm, éd. Isola, pp. 313 et ss.) Il est probable qu’Andrea da Barberino n’avait que des données fort vagues sur ce roman assez peu connu.
Gui de Nanteuil. Un manuscrit italianisé fait partie de la Bibliothèque de S. Marc à Venise (manuscrit français n° X).
Huon d’ Auvergne, V. Lgo d’Alvernia.
Karleto, V. Enfances Charlemagne.
Macaire, V. Reine Sibille.
Mainet. V. Enfances Charlemagne.
Moniage Reno art , très défiguré dans les Nerbonesi (liv. VII, chap. xliv) V. le résumé, IV, 43.
Orlandino, V. Enfances Roland.
Otinel. Un Otinel, assez différent du nôtre, est raconté dans la Chronique du monde de Jacques d’Acqui (fin du xmc siècle), qui a été publiée in extenso par M. Avogadro dans let. III des Monumenta historiæ patriæ (Turin, 1848). G. Paris ( Histoire poétique de Charte magne, p. 505) cite le texte relatif à « Ottonellus ». Cf. plus loin, t. III, p. 399.
Pèlerinage de Charlemagne. V. Voyage.
Prise d’Orange. V. les Nerbonesi, liv. IV, chap. v-xm, etc. ; éd. Isola, I, pp. 383 et ss. Cf. notre t. IV, pp. 40, 41 et 396-397.
Prise de Pampelune. Ce poème (auquel on a plus justement donné cet autre titre : La guerre d'Espagne ) a eu en Italie les mêmes destinées que l'Entrée de Spagne. Celle-ci (ms. fr. de S. Marc XXI) est l’œuvre d’un Padouan inconnu : la Prise (ms. fr. de S. Marc, V) est, d’après A. Thomas, l’œuvre de Nicolas de Vérone, La Prise de Pam -
i part. uvR. n. fer. Mais enfin, il v a encore parmi nous des témoins
- irrécusables qui les ont vus et entendus. Dans un
article du Giorriale de filologia romanza, M. G. Fusinato nous apprend que, « dans son enfance, il avait entendu, à Venise, un vieillard qui racontait en public
pelune, tout comme l'Entrée de Spagne, constitue un élément important de toutes les Spagna en vers et en prose. V. dans notre tome III, p. 461, l’analyse de la Spagna en prose du ms. de la Bibliothèque Albani, et, pp. 461-465, le résumé du Viaggio. Ces dernières indications se rapportent aux passages qui correspondent exactement à la Prise de Pampelune.
Renaus de Montauban. Dans le t. III du Propugnatore, parte I, pp. 213-242 et parte II, pp. 58-129, a paru une étude de Pio Rajna sur les versions italiennes les plus anciennes de la légende de Renaus de Montauban (Cf. Revue critique, 1872, pp. 220-222). La théorie de P. Rajna, c’est qu’il a existé un poème franco-italien, aujourd’hui perdu, qui a exercé une influence considérable sur cette partie de la littérature italienne. Le poème d’ Aquilon de Bavière , découvert par A. Thomas, confirme d’une façon éclatante la supposition de M. Pio Rajna, puisque l’auteur à' Aquilon mentionne le nom d’un roi Mambrin d’Olivant «qui est inconnu aux textes français et qui joue un grand rôle dans les textes italiens... Il n’a pu emprunter ce nom qu’à un texte franco-italien.» {Romania, 1882, p. 545.) =Quoi qu’il en soit, Renaud de Montauban nous apparaît, dans tous les textes d’au-delà des Alpes, avec un caractère tout particulier : il est isolé de ses frères {Histoire poétique de Charlemagne, p. 211). Peut-être en était-il ainsi dans le Renaut franco-italien qui n’est point parvenu jusqu’à nous ; mais c’est ce que nous pouvons constater à coup sûr, dès la fin du xive siècle, dans ces Storie di Rinaldo en prose dont nous avons eu si souvent à parler ci-dessus et dont nous avons dû analyser deux livres (le IIIe et le Ve). = Ce sont ces Storie qui ont sans doute consacré la gloire de Renaud en Italie. Ce qu’il y a de certain, c’est que, depuis lors, il marche de pair avec Ogier et avec Roland lui-même; c’est qu’il leur sera plus d’une fois préféré ; c’est que Rinaldo, enfin, devient aussi ou plus populaire qu’Orlando. Les xve et xvie siècles sont pleins du nom de Renaud, et il est le héros de ces ennuyeux poèmes qui foisonnent alors, de YInnamoramento di Carlo Magno (1481), de la Leandra (1508), de la Lama Rovenza del martello (s. d.) et de vingt, de trente autres. Ce qui vaut mieux pour lui, c’est de tenir une place importante dans le Morgante maggiore de Pulci et d’avoir fourni au Tasse la matière d’un poème, assez peu connu, d’un Rinaldo où l’auteur de la Jérusalem délivrée ( Histoire poétique de Charlemagne, p. 201) s’appuie sur le poème français des Quatre fils Aimon. = Enfin, jusqu’à nos jours, la gloire de Renaud est demeurée aussi vive en Italie que celle de Roland, plus vive peut-être, et les chante-histoires de là-bas, les cantastorie sont en plus d’un lieu appelés des Rinaldi, et non point des Orlandi.
Reine Sibille. — C’est encore dans le ms. fr. XIII de Venise que nous trouvons, pour la première fois, en Italie, cette légende d’origine française. Le dernier poème que renferme ce très précieux manuscrit