CHAP, I. A J
- - aveux auxquels il trouve une saveur toute particulière1.
Ce n’est pas là de la profanation : c’est du sacrilège.
On l’a déjà observé avant nous : ces contempteurs du prêtre, ces mépriseurs du moine, ces satiriques ne sont rien moins qu’austères . Dans le cours d’un seul et même ouvrage, ils sont à la fois impies et débauchés. Sur dix chansons de Béranger, il en est cinq peut-être qui sont autant de pamphlets contre l’Église, mais les cinq autres sont impures et libertines. C’est une loi, à laquelle n’a pu se dérober l’auteur de Banduin de Sebourc. Il méprise la femme, et c’est là le signe auquel on reconnaît tout d’abord les bons ou les mauvais esprits. Si je ne craignais d’employer un mot trop moderne et dont on a abusé, j’oserais dire qu’il descend plus d’une fois jusqu’à la plus basse pornographie. A coup sûr, il est volontiers obscène, et je ne sais trop quel visage pouvaient faire les femmes devant lesquelles on lisait certains épisodes de son œuvre plus que croustillante 2. Les pires devaient rougir.
Les idées politiques de notre poète sont moins haïssables, encore qu’elles ne nous consolent pas suffisamment de tant de libertés qu’il a prises avec la religion et la pudeur. Cet homme était trop enclin à la satire universelle, pour n’avoir pas toujours été « de l’opposition ». Nous lui trouverions volontiers plus d’un trait commun avec les libéraux de la Restauration. 11 se trouve que ses théories sont parfois loyales et justes, et il s’emporte avec raison contre la maltôte et contre tous les abus de son temps 3. Même il s’élève jusqu’à
1. Bauduin de Sebourc , II, 103; 113, etc. = « Tous les clercs qui figurent dans la chanson sont ou ridicules, ou fripons, ou débauchés. ». (. Histoire littéraire , XXV, 590.) — 2. I, 208,357, 379; II, 4, 140, etc., etc. — 3. I, 186, 225, 250, 260, etc.
LES DERNIERS ROMANS EN VERS. 441
l’idée d’un bon gouvernement dont il va iusqu’à nous ipart.uyr. m.