Bauduin de Sebourc, I, pp
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le personnage d’une comédie célèbre : « Il y a un 1 pacrhta*pli;r- m beau vers. » Certes ce sont de beaux vers que celui de — la Chronique de Bertrand Duguesclin1 , « Sans redoub- « ter la mort aloit toujours devant », et cet autre des Enfances Garin: « Plus gentil est que moi, car cuer « a de lion 2. » C’est cornélien et superbe ; mais on ne saurait, en vérité, juger un livre d’après une ligne.
C’est tout le livre qu’on doit lire, et il y faut parfois quelque courage.
Je me suis toujours persuadé que le genre descriptif est celui de tous où il est le plus facile d’exceller, et quelques écrivains trop vantés de notre xixc siècle sont peut-être ici pour me donner raison.
Les poètes du xivc sont avant tout des conteurs, et ils accumulent tant d’aventures dans leurs romans qu’il est fort difficile d’en donner aujourd’hui un résumé rapide et clair. Plus d’une fois, cependant, ils cèdent à la tentation d’interrompre leur récit pour peindre une jolie fresque. Je ne sais rien de plus vivant que la description d’un a grand pardon d’armes » dans Ciperis de Vignevaux si ce n’est celle qu’on lit dans Bauduin de Sebourc et qui est vraiment charmante4.
Il n’y a pas jusqu’au très ennuyeux auteur de Tristan de Nanteuil qui ne soit heureusement inspiré par ces tournois qui tenaient tant de place dans la vie de nos pères, et qui ne consacre un aimable tableau de chevalet à ce fenestrage qui précédait les grandes joûtes, alors que chaque jouteur, pour se faire connaître, suspendait aux fenêtres de sa maison son heaume, sa bannière et les écussons de ses armes '. Plus solennel,
1. Chronique de Bertrand Duguesclin, v. 71. — 2. Enfances Garin,
Bibl. nat., fr. 1460, f° 39, v, — 3. Histoire littéraire, XXVI, pp. 20, 21.
— 4. Bauduin de Sebourc, I, p. 77. — 5. Histoire littéraire, XXV, p. 242. Cf. Ducange, au mot fenestragium .
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I PART. LTVR. III. plus saisissant encore est le récit, dans Cuvelier, de
- Fentrée des Français à la Rochelle 1 ; mais, si j’avais à
choisir entre tant de tableaux, il me semble que je donnerais volontiers la préférence, non pas à cette prétentieuse description du Paradis que Fauteur de Bauduin de Sebourc emprunte sans doute à une Vie de saint Brandan 2, mais tout simplement, peut-être, à une page de ce même roman où nous assistons à une fête dans la ville de Nymaie : « Qu’elle est belle et garnie d'honneur, cette cité de Nymaie! Pas une rue qui ne soit encourtinée de draps d’or, si bien que c'est mélodie . L’herbe odorante et douce jonche toute la chaussée. Partout ce sont des danses et des quaroles aux sons des cors sarrasinois. L’amant tient et mène son amie, et ils parlent tous deux d’amour et de druerie. Toutes les bourgeoises ont revêtu leurs plus beaux habits : couronnes et capiaus sour maint chief reflambie . Les chevaliers s’amusent à briser des lances, et les fils de bourgeois jouent àFescrime. Aux fenêtres pendent les hauberts geserans , plus luisans que l’or qui flamboie. Les écuyers font danser des ours àgrant huerie. Bref, il n’y a pas, dans cette vie mortelle, un homme, un seul homme, si triste et si dolent qu’il fût, qui n’oubliât son chagrin à Nymaie 3. » On croit y être.
Les portraits sont d’une facture plus difficile et sont rarement exempts, dans nos derniers romans, de cette banalité qui est le fléau de cette littérature en désarroi. L’auteur à' Hugues Capet a bien des défauts, mais du moins il n’est pas toujours vulgaire et brosse ses portraits d’un pinceau assez hardi. Celui de son héros n’est pas assez original, peut-être, mais
1. Chronique de Bertrand Buguesclin, II, pp. 278. — 2. Bauduin de
Sebourc, II, p. 46-55. Nous aurons lieu d’en reparler plus loin. —