CHAP. H. J- «J
- pour le premier acte d’un drame à grand spectacle \
Nous avons eu l’occasion d’observer plus haut que nos dernières chansons manquent surtout d’unité. La meilleure de toutes, Bauduvn de Sebonrc , est peut-être à cet égard la plus imparfaite et la plus choquante. On croirait entendre un de ces méchants orateurs qui font subir à leurs auditeurs harassés vingt ou trente péroraisons au lieu d’une. L’action s’y éparpille en je ne sais combien d’épisodes qu’aucun lien ne rattache l’un à l’autre chose plus grave, le héros du poème n’en est pas constamment le centre. Il n’en va pas ainsi d’un autre de nos romans, de Florence de Rome, dont le style est assurément médiocre et, comme on l’a dit avant nous, rampant; mais qui offre une véritable et profonde unité d’action. L’héroïne de cette chanson en est toujours le centre, et les autres personnages se contentent modestement de graviter autour d’elle. Cette Florence, d’ailleurs, est toute belle et toute aimable ; mais elle est aussi malheureuse qu’elle est charmante, et rencontre sur sa route trois misérables qui la mettent tour à tour en fort mauvais point. Le premier, Milon, qui est le propre frère de son fiancé, veut lui faire violence, et, exaspéré par la chaste résistance de la jeune fdle, la saisit par ses beaux cheveux d’or et l’attache à un arbre au milieu d’une grande forêt où il l’abandonne. Le second, qui porte un vrai nom de traître (il s’appelle Macaire) est repoussé par cette vraie chrétienne avec une indignation aussi énergique et, pour se venger, l’accuse d’avoir assassiné la fille d’un excellent homme qui avait offert à la pauvre abandonnée l’hos-