Bibl. de l’Arsenal
LES ROMANS EN PROSE
qu’elles n’en sauraient avoir. Ce David Aubert, au 1 rART- LIVR- ,H
JL GHAP • VI •
demeurant, et comme nous avons eu déjà l’occasion -
de l’observer, n’était que « le copiste principal de Philippe le Bon et de Charles le Téméraire, ou, pour mieux dire, le chef de l’atelier des copistes qui travaillaient pour ces princes1. «Encore une fois, ce n’était qu’un grossoyeur, dans la plus vulgaire acception de ce mot, et ce n’est vraiment pas sans quelque excès qu’un érudit belge a pu le comparer à La Calprenède et à M110 de Scudéry.
Il est vraiment d’un ordre un peu plus relevé et ne saurait être abaissé au niveau de David Aubert, ce bourgeois de Mons, ce Jean Wauquelin, déjà nommé, qui mourut en 1453 et fut assurément l’un des plus féconds entre tous ces pauvres écrivains auxquels les ducs de Bourgogne confièrent, au xv° siècle, l’exécution de ces rapsodies à la mode. On est véritablement épouvanté du labeur auquel il a dû se vouer, pour faire face à toutes les commandes dont on l’a accablé.
Il traduit en 1445 le Bî'ut de Gaufrei de Monmouth; il met en prose Y Alexandre en 1446 et le Girart de Roussillon en 1447. L’année d’après, c’est le tour de la Belle Hélène de Constantinople et, deux ans après (avait-il assez de cordes à son arc!), du Gouvernement des princes, de Gilles de Rome. C’est à peine si je lui tiens compte de sa traduction de la Chronique des ducs de Brabant, d’Edmond de Dynter, et d’une copie de Froissart qu’il exécuta pour le duc de Bourgogne 2.
Somme toute, c’est le plus honnête des traducteurs, mais ce n’est qu’un traducteur. Ces ducs de Bourgogne, ils ont très intelligemment protégé tous les arts, mais n’ont pas fait éclore un vrai poète.
1. Paul Meyer, Introduction de Girart de Roussillon, p. clx. —