CHAPITRE VII
Vous les connaissez, tout au moins par les imita- I PART. LIVR. III.
. • , p • . • 111* 1 ♦ CHAP. VII.
tions qu on en tait aujourd hui, vous les connaissez ces -
Livres d'heures de Simon Vostre et de Vérard. Ils ont PhgyéXa°™e
des incunables.
1. Notre but n’est pas d’offrir ci-dessous une liste complète des Romans incunables, mais seulement d’indiquer leur première édition et, pour le plus grand profit de nos lecteurs, de signaler les éditions de chacun de ces romans qu’ils pourront aisément consulter dans cette riche collection de la Bibliothèque nationale dont nous ne prétendons aucunement énumérer ici tous les trésors. = Dans les Notices qui sont consacrées plus loin à chacune de nos Chansons de geste, nous devrons entrer en plus de détails et mentionner, une à une, toutes les éditions des xve et xvie siècles.
Amis et Amiles. Première édition : Milles et Amijs ; Paris, Anthoine Verard, vers 1503. Petit in-f°, goth. = La Bibl. nat. possède cette édition, et celles aussi d’Alain Lotrian (Paris, in-4°, s. d.) et d’Olivier Arnoullet (Lyon, 1531, in-4°). Nous avons publié plus haut un extrait de l’édition de Verard (t. I, pp. 472, 473).
Beuves d’Hanstonne. Première édition : Beufves d’Anthonne ; Paris, Michel Lenoir, 1502, in-4°, goth. On trouve une autre édition de même date, chez le même, en format in-folio. = Une édition d’Anthoine Verard (Paris, in-f°, sans date) est attribuée par Haïn à la fin du xve siècle et par Brunet au commencement du xvie. = La Bibl. nat. possède l’édition de Verard et. celle in-4° de Michel Lenoir; de plus, une édition de Jehan Bonfons, Paris, in-4°, s. d., etc.
Chevalier au Cygne. Première édition : La Genealogie avecques les gestes et nobles faitz du très preux et renommé, prince Godeffroy de Boulion et de ses chevalereux f reres... yssus et descendus de la très noble et illustre lignée du vertueux Chevalier au Cygne; Paris, Jehan Petit, 10 octobre 1504, in-f°, goth. = La Bibl. nat. possède cette édition, et celles de Lenoir; Paris, 1523, in-f° ; de Jehan Bonfons, Paris, in-4°, s. d.; de François Arnoullet, Lyon, 1580, in-4ü.
Ciperis de Vignevaux. Première édition : L’hystoire plaisante... du noble Sypperis de Vinevaulx. Paris, chez la veuve de Jehan Saint- Denys, in-4°, goth. s. d. — La Bibl. nat. possède l’édition de Nicolas Bonfons, Paris, in-4°, s. d.
Conqueste deTrebisonde, seconde Suite des Quatre fils Aimon. Pre-
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IFAchTÂpLI™ ln‘ joie et l’orgueil de nos pères à la fin du xvc siè-
- cle et durant tout le xvic. Pour les avoir vus une seule
mière édition : La Conqueste du très puissant empire de Trebisonde et de la spacieuse Asie ( faite par Régnault de Montauban) : Paris, Yvon Gallois, 15 mars 1517, in-4°. — La Bibl. nat. possède cette édition, ainsi que deux autres s. d., et in-4°, l’une de Jehan Trepperel, l’autre d’Alain Lotrian. — La première suite des Quatre fils Aimon est Mabrian. V. ce nom.
Conqueste du grant roy Charlemaine des Espaignes. V. Fierabras .
Doon de Mayence. Première édition : La fleur des batailles Doolin de Mayence. Paris, Anthoine Verard, 27 mai 1501, in-f°, gotli. — La Bibl. nat. possède cette édition, et celles d’Alain Lotrian, Paris, in-4°, s. d. et de Nicolas Bonfons, Paris, in-4°, s. d.
Fierabras. Première édition : Le Roman de Fier a Bras le géant ; Genève, 28 nov. 1478, in-f°, goth. La Bibl. nat. possède cette édition et celle de Pierre Mareschal et Barnabas Chaussard; Lyon, in-4°, 1497. = Comme nous aurons lieu de le dire plus loin (III, 383), la compilation précédente parut sous un titre beaucoup plus pompeux et qui fut consacré par le succès : La Conqueste du grant roy Charlemaine des Espaignes , et les vaillances des douze pers de France, et aussi celles de Fierabras. C’est à Lyon, en 1501, dans l’édition in-4° de Pierre Mareschal et de Barnabas Chaussard (30 janvier, près de Nostre Dame du Confort) que le Fierabras semble avoir reçu définitivement le titre alléchant que nous venons de transcrire. =La Bibl. nat. possède, de la Conqueste, les éditions de Rouen, s. d. in-4° ; de Pierre de Sainte- Lucie, Lyon, in-4°, 1536; de Nicolas Bonfons, Paris, s. d. in-4°.
Florent et Lyon. Paris, s. d. goth., vers 1540.
Galien. Première édition : Galien rhetoré ; Paris, Anthoine Verard, 12 décembre 1500, in-f°, goth. = La Bibl. nat. possède cette édition et celles aussi de Nicolas Bonfons, Paris, in-4°, s. d. ; de la veuve de Jehan Trepperel, Paris, vers 1521, in-4°; de Benoist Rigaud, Lyon, 1575, in-8°. C’est de la première édition que s’est servi M. Stengel dans sa belle publication de Galiens li restorès. — Nous avons recours plus loin (III, 320-340) à l’édition de Nicolas Bonfons, dont nous citons de nombreux extraits. Cf., dans notre première édition (II, p. 284) une analyse de la version des deux éditions lyonnaises (1515 et 1575) qui forment une seconde famille de textes, et ont été copiées par les Oudot.
Gérard d’Euphrate. Vincent Sertenas, Paris, 1549.
Girart de Roussillon. VHystoire de monseigneur Gerart de Roussillon; Lyon, Olivier Arnoullet, petit in-4°, goth., s. d. (commencement du xvie siècle) .
Guérin de Montglave. La première édition est peut-être celle de Jehan Trepperel: Paris, in-4», goth., s. d., qui est certainement antérieure à 1511 (date de la mort de Jehan Trepperel). — Cf. celle de Nicolas Chrestien : Paris, in-4°, goth., s. d. (La plaisante hystoire dit très preux et vaillant Guérin de Montglave, lequel fist en son temps plusieurs nobles et illustres faictz en armes. Et aussi parle des terribles et merveilleux faictz que firent Robastre et Perdigon pour secou- ■ rir le dict Guérin et ses enfants.) — Un jour, au commencement du xvie siècle, on eut l’idée de réunir en un seul et même volume Guérin de Montglave et Maugis cVAigremont , etc. De là l’édition de
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fois, on se les rappelle toujours. On garde involon- 1 PA^U™; m* tairement sous ses yeux ces bois grossiers servant - -
Michel Le Noir (Paris, 15 juillet 1518, petit in-f°, goth.), qui porte ce titre : Icy est contenu les deux très plaisantes hystoires de Guérin de Montglave et de Maugist d’Aigremont, etc. = La Bibl. nat. possède cette dernière édition, ainsi que celles d’Alain Locrian (Paris, s. d., in-4°) et de Nicolas Bonfons (Paris, s. d., in-4°). = Nous citons plus loin (IV, p. 186), un extrait de l’édition de Nicolas Chrestien.
Huon de Bordeaux. Première édition : Les prouesses et faictz merveilleux du noble Huon de Bordeaux , per de France , duc de Guyenne , merveilleusement rédigé en bon françoys , Paris, Michel Le Noir, 24 décembre 1516, in-f°, goth. Il convient d’observer que toutes les éditions d 'Huon renferment les Suites ( Esclarmonde , Clairette et Florent , Ide et Olive et, enfin, Croissant ). — La Bibl. nat. possède l’édition de 1516, et celle de Jean Bonfons, Paris, s. d. in-4°, etc. = Nous citons plus loin (III, p. 741), un extrait de l’édition de Michel Le Noir, et (ibid., p. 743) nous donnons, d’après celle de Jean Bonfons, une analyse des quatre Suites ci-dessus énumérées.
Jourdains de Blaives. Première édition : Les faitz et prouesses du noble et vaillant chevalier Jourdain de Blaves, fllz de Girard de Blaves, lequel en son vivant conquesta plusieurs royaulmes sur les Sarrazins. Paris, Michel Le Noir, 1520, in-f°. = La Bibl. nat. possède cette édition, comme aussi celle de Nicolas Bonfons, Paris, s. d. in-4°.
Mabrian, première suite des Quatre fils Aimon. = Mabrian a été imprimé sous deux titres différents : 1° Histoire singulière et fort récréative contenant la reste des faiz et gestes des quattre fils Aymon et de leur cousin Maugist... semblablement la cronicque et hytoire... du chevalereux, preux et redoubtè prince Mabrian , roy de Jérusalem et de VInde la m ajoure, Paris, Jacques Nyverd s. d. [1525] in-f° goth ; 2° La cronicque et hytoire... du pr eus, vaillant et nompareil chevalier Mabrian, roi de Hierusatem. Paris, Jacques Nyverd, 20 janvier 1530, pet. in-f°, goth. = La Bibl. nat. possède cette dernière édition ainsi qu’une autre d’Alain Lotrian et Denis Janot (Paris, s. d. in-4°) qui porte le même titre que le n° 1 de Jacques Nyverd, cité ci-dessus. — La seconde Suite des Quatre fils Aimon est la Co7iqueste de Trèbi- S07ide. V. ce mot.
Maugis d’Aigremont. L’histoire de Maugis réunie à celle de « Guérin de Montglave » nous est offerte dans l’édition de Michel le Noir (Paris, 15 juillet 1518, petit in-f°, goth). ■= L’Histoire de Maugis, toute seule, a été publiée à Paris par Jehan Trepperel? (10 septembre 1527, petit in-4°, goth), sous le titre suivant : La très plais a7ite hystoire de Maugist d’Aigremo7it et de Vivian son frère, e7i laquelle est C07ite7iu comment ledict Maugist à Vayde Oriande la faée s’amye , alla en Visle de Boucault. = La Bibl. nat. possède l’édition de 1518 et celle de 1527, comme aussi celle de Nicolas Bonfons, Paris, s. d. in-4°, etc.
Meurvin. Première édition : L’histoire du preux Meurvin, fils de Oger le Dannoys : Paris, imprimé chez Étienne Cuveiller pour Jehan Longis et Pierre Sergent, 20 janvier 1540, in-8°, goth. — La Bibl. nat. possède l’édition de Nicolas Bonfons (Paris, s. cl., in-4°), laquelle est intitulée comme il suit : Histoire du preux et vaillant chevalier Meurvin, fils d’Oger le Dannois, lequel , par sa prouesse , conquist Hierusalem, Babilone et plusieurs autres royaumes sur les l7ifidelles'
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i part, nvn.rn. d’encadrement au texte gothique, ces Danses maca-
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— bres, ces Sibylles naïves, cette « Image du corps humain » gravée sur le premier feuillet, ces calendriers ornés de préceptes d’hygiène, mais surtout l’aspect général de ces livres compacts, de ces illustrations au trait et où l’encre n’est pas épargnée, cette physionomie, enfin, tout à la fois triste et charmante, candide et austère. Au moment où nous allons parler de nos romans imprimés, souvenez-vous de ces Livres d'heures avec lesquels ils ont plus d’une analogie.
Ci est dans quelque atelier typographique qu’il faut ici nous transporter par la pensée, durant la seconde moitié du xvc siècle, durant les premières années du xvic. C’est à Genève, en 1478, à moins que ce ne
Morgant le géant. La première édition est celle de 1519 : S’ensuyt l’hystoire de Morgant le géant... nouvellement imprimée à Paris pour Jehan Petit, Régnault. Chaudière et Michel Lenoir, libraires, et fut achevée d’imprimer le quinziesme jour de may mil cinq cens dix neuf. — Alain Lotrian en a donné une nouvelle édition, sous un autre titre, en 1536 : S’ensuyt l’histoire de Morgatit le géant lequel avec ses frères persecutoient toujours les chrestiens et serviteurs de Bien: mais finallement furent ces deux freres occis par le comte Roland. Et le tiers fut crestien qui depuis ayda moult à augmenter la saincte foi catholicque.
Ogier le Danois. Première édition : Ogier le Bannoys , Paris, Anthoine Verard, s. d. (vers 1498), in-f°, goth. — La Bibl. Nat. possède les éditions de Nicolas Bonfons (Paris, s. d. in-4J et Paris, 1583, in-4°) et d’Alain Lotrian et Denis Janot (vers 1536 Paris, in-4°).V. Meurvin.
Quatre fils Aimon. Première édition : « L’Istoire de Régnault de Montauban », s. 1. n. d. grand in-folio, goth. Exemplaire incomplet par le premier et le dernier feuillets, qui contenaient sans doute l’indication de lieu et la date. Brunet l’attribue à l’imprimerie lyonnaise vers 1480. = La première édition datée est celle de Lyon, 20 avril 1493 : « Les quatre fils Aimon. » — La Bibl. nat. possède l’édition de 1480; celle de Lyon, en 1497, in-folio; une autre édition lyonnaise du xve siècle (?) également in-folio ; celles d’Alain Lotrian et Denis Janot, Paris, s. d. in-4°; de Nicolas Bonfons, Paris, s. d. in-4°; de Françoys Arnoullet, Lyon, 1573, in-4°, etc. — Les Quatre fils Aimon ont deux Suites : l’une est Mabrian , l’autre est la Conqueste de Trèbisonde. V. ces deux mots.
Valentin et Orson. Première édition ; Lyon, 30 mai 1489, in-f° gothique, etc.
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soit en 1497, chez Pierre Maréchal et Barnabas Chaussard à Lyon; ou à Paris, chez Yérard en 1500; ou, encore à Paris, chez la veuve de Jehan Trepperel, en
On les a déjà décrits vingt fois, ces modestes ateliers des anciens imprimeurs, et il y a même certains « bois » trop naïfs, mais contemporains, qui nous en ont laissé l’exacte physionomie et portraicture .
La presse à grosse vis, si grossière encore, mais avec laquelle on fait de si bon ouvrage, parce qu’on le fait avec conscience et amour, la presse est là au milieu de la chambre éclairée par de petites vitres verdâtres. Dans tous les coins, sont les formes par terre ; près des fenêtres travaillent les compositeurs devant leurs casiers pleins de caractères, tandis que le petit apprenti bavarde en faisant sécher les premières feuilles d’un tirage inachevé, tout humides encore et sentant la bonne odeur de l’encre d’imprimerie.
Ces feuilles c’est le Fierabras de 1478 ou celui de 1497; c’est le Galien rhétoré de 1500 ou celui de 1521 ; c’est enfin celui de nos romans que vous voudrez, celui que vous préférez aux autres. Vingt presses sont déjà occupées à répandre dans le monde vingt autres romans tout semblables. Et c’est précisément cette nouvelle forme de nos anciennes épopées que nous nous proposons d’étudier ici avec quelque détail.
Prenons donc entre nos mains les romans qui ont été alors appelés aux honneurs de l’impression, ceux dont la popularité puissante a attiré le regard et excité l’activité de nos premiers imprimeurs; et constatons tout d’abord que beaucoup de nos anciennes épopées sont restées en chemin et ne sont pas arrivées vivan-
Statistique de nos romans imprimés, comparée avec celle de nos romans manuscrits en vers ou en prose.
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Les éditions incunables de nos romans se divisent matériellement en deux classes suivant qu’elles sont ou ne sont pas « gothiques »
tes, jusqu’aux confins du xvc et du xvic siècle. Nous possédons environ cent vingt romans en vers ; soixante environ ont été traduits en prose dans les manuscrits ; vingt seulement , sous cette dernière forme, ont été jugés dignes d’être vulgarisés par la presse. Et la Bibliothèque bleue , qui au xvnc siècle n’en admettait plus qu’une dizaine à bénéficier des faveurs de son papier gris et de ses illustrations grossières, la Bibliothèque bleue aujourd’hui ne répand plus guère que les Quatre fils Aymon, Fierabras, Galien restauré et Huon de Bordeaux.
En d’autres termes sur quatre chansons de geste, sur quatre romans en vers qui avaient, sous saint Louis ou sous Philippe le Bel, conquis un certain succès; deux seulement ont été mis en prose aux xivc et xvc siècles; un seul figure, à peine, dans la liste de nos incunables \
Mais voici que, sur notre table, on a placé dans un bel ordre les plus anciennes, les meilleures éditions de tous nos romans imprimés. Il est temps de les ouvrir.
A première vue, elles se divisent en deux grandes classes, suivant qu’elles appartiennent ou non à la période « gothique » de l’histoire de notre imprimerie. Les livres de la première famille sont assurément les plus intéressants. L’époque de leur vogue peut être fixée entre 1480 et 1530, et le plus grand nombre peut-être ont été imprimés durant les cinq premières années du xvic siècle : les années 1501 et 1503 méritent une mention spéciale. Les deux
1. V. dans notre tome Ier (p. 219-223 et pp. 234-243), la liste des Chansons de geste, laquelle est complétée plus haut (pp. 447-451) par notre nomenclature des derniers romans en vers. Cf. ci-dessus le tableau des romans en prose (pp. 544-556) et celui des incunables (pp. 001-604.)
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centres de fabrication, c’est Paris, c’est Lyon; les éditeurs qui ont le plus abondamment exploité cette mine, ce sont, à Paris, les Antoine Yérard, les Alain Lotrian, les Jehan et Nicolas Bonfons, les Jehan Trepperel , les Jacques Niverd, les Michel Lenoir; ce sont, à Lyon, les IJierre Mareschal, les Barnabas Chaussard, les Pierre de Sainte-Lucie, et tant d’autres. Nos romans ont fait la fortune ou la gloire de tous ces zélés et savants éditeurs.
« Leurs titres ont toujours quelque chose de rare » : nous ne parlons ici qu’au point de vue typographique. Il fallait créer cette chose inconnue dans les manuscrits, le titre : nos imprimeurs y ont mis toute leur imagination. Ils ont joué habilement avec l’encre noire et l’encre rouge, grâce à la facilité de ces deux tirages qu’on pratique encore de nos jours. Tantôt, comme dans la Conqueste de Trébisonde, ils ont alterné les deux encres ligne par ligne 1 ; tantôt, comme dans le Guérin de Mont g lave et le Huon de Bordeaulx de Jean Bonfons 2, le Mabrian de Jacques Niverd 3, le Maugis dAigremont de Jehan Trepperel 4, les Quatre fils Aymon d’Alain Lotrian 3 et dans vingt autres éditions, ils ont entrelacé bizarrement le rouge et le noir, sans autre règle que leur caprice, en ayant soin seulement de faire honneur de la première de ces couleurs aux noms glorieux de leurs héros et de leurs héroïnes. Ce titre est écrit d’ailleurs en caractères gothiques de proportions majestueuses, et les deux ou trois premières lignes, à tout le moins, sont de nature à satisfaire les yeux les plus difficiles. Au-dessous s’épanouit un bois très grossier, qui trop souvent est le même dans
1. Edition d’Alain Lotrian, sans date. — 2. Ce dernier texte avait été « littérairement » achevé dès 1454. — 3. Édition de 1530. — 4. Édition de 1527. — 5. Sans date.
Caractères extrinsèques de nos romans imprimés :
Leurs titres,
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PART. LIVR. III. les livres de plusieurs éditeurs. Il est deux sujets que