I PART. U VU. 1IT
1. Etude sur Le travail de Fauriel intitulé: Origine de VEpopee chevaleresque du Moyen âge (dans le Journal des Débats des 22 octobre, 14 nov., 15 déc. 1833, 21 janvier 1834). — 2. Ruolandes Liet , herausgegeben von Wilhelm Grimm. Gœttingen, 1838, in-8. — 3. L’oeuvre de Bartsch est bien postérieure : elle date de 1857 (Quedlinbourg, in-8). — 4. Romvart. Beitrage zur Kunde mittelalterlicher Dichtung aus italianischen Bibliothehen, von Adalbert Relier (Mannheim, 1844, in-8). — 5. Kaiserkronik , herausgegeben von Massmann (Quedlinburg, 1849, in-8, trois volumes). — 6. Handbuch der Franzosischen Sprache und Literatur , von L. Ideler und H. Nolte,... bearbeitet von Julius Ludwig Ideler, Berlin, 1842, in-8. Dans le second tome, les pp. 62-163 sont consacrées à notre seule poésie épique dont nos bibliographes examinent d’abord la forme et la versification (p. 66 et suiv.). Ils étudient ensuite, tour à tour : 1° les récits de l'ordre religieux ; 2° les romans nationaux, 3° bretons, 4° normands, 5° tirés de l’antiquité sacrée et profane. Ce n’est guère, en somme, qu'une table de livres à consulter. — 7. Die grossen Sagenkreise des Mittelalters , etc. von Dr Johann Georg Tlieodor Græsse (Dresde, in-8). Au tome VI, les §§ 147-155 ont uniquement la vieille poésie française pour objet, et les §§ 156-161, la provençale, etc.
i part. LivR.m. vaux allemands, afin de bien faire voir l’activité paral-
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- lèle de deux peuples voisins, passionnés pour la même
étude. En Italie, nous n’avons guères à signaler, pour cette période, que la seconde édition, en 1838, du grand ouvrage de Melzi \ M. de Reiffemberg, en Belgique, nous étonne, vers le même temps, par sa prodigieuse fécondité et, dans la seule Introduction de son Philippe Mousket , n’analyse pas moins de quinze de nos chansons 1 2. Partout, c’est la même ardeur.
C’est enFrance, malgré tout, quel’activité doit être et qu’elle est en effet le plusvive. L’abbé De la Rue, un de ceux qui méritent ici le titre d’initiateurs ou même de créateurs, nous donne, en 1 834, le résultat desestravaux dans un livre qui, chose rare, n’a pas encore trop vieilli et qu’il a modestement intitulé : Essais sur les hardes , les jongleurs et les trouvères anglo normands 3. Achille Jubinal4 * et Arthur Dinaux y rivalisent vaillamment avec lui et ont les yeux fixés sur ces jongleurs dont nous avons décrit plus haut la vie errante et les mœurs pittoresques. Peut-être le temps n’était-il pas encore venu de tenter, même en quelques pages, une œuvre d’ensemble sur les origines et la nature de notre poésie épique : M . Ampère , cependant, dans son cours au Collège de France 6 et dans un livre qui eut ses années de célébrité 7 , ne recula
1. Bibliografia dei romanzi e poemi cavallereschi italiani, seconda
edizione, da Gaetano de’ conti Melzi. (Milano, 1838, in-8). — 2. Chronique rimée de Philippe Mousket, publiée par le baron de Reiffemberg (Bruxelles, 1830-1838. Supplément en 1846. Trois volumes in-8). —
3. Caen, 1834: trois volumes in-8°. L’abbé De la Rue a connu indirec¬
tement le Roland d’Oxford et en a le premier publié quelques frag¬
ments (II, p. 64). — 4. Jongleurs et trouvères, etc. par Achille Jubinal,
Paris, 1835, in-8°. — 5. Trouvères, jongleurs et ménestrels du nord de la France, par Arthur Dinaux : I. Trouvères cambrésiens ; II. Trouvè¬
res de la Flandre et du Tournaisis ; III. Trouvères artésiens. Paris, Valenciennes, 1837, 1839, 1843 : trois volumes in-8. — 6. Publié en partie dans la Revue française (août 1838, t. VIII, p. 96-109). — 7. Histoire littéraire de la France avant le xne siècle, par J. -J. Ampère, Paris, 1839: quatre volumes in-8.
point devant l’aventure. Il n’était plus permis, comme ipart- L1VR- 1H-
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on le voit, de passer devant notre Epopée sans la -
saluer au passage, et le silence, meme respectueux, n’avait plus d’excuse. Le Collège de France était luimême envahi; mais c’était légitimement à l’Académie des Inscriptions que l’on était en droit de demander ici le plus grand effort en faveur des études nouvelles.
Elle répondit à l’attenté publique. Amaury Duval, dans le tome XVIII, écrit cinq notices sur le Voyage , la Bataille de Roncevaux qu’il attribue à Turold, le Régnault de Montauban dont il fait honneur à Huon de Villeneuve, Garin le Loherain et Beuves dfHanstonne. Il y a là bien des balbutiements et bien des ombres; mais on fera sagement de ne point s’en étonner, ni de s’en plaindre, si l’on veut songer un instant à la date de la publication \ Le progrès, d’ailleurs, ne s’arrêtera plus. S’il n’est question au tome XIX que du seul Anseis de Carthage 2 ; si le tome XX 3 ne nous offre que les deux monographies de Jean Bodel et d’Adenet ; si dans le tome XXI \ enfin, nous ne trouvons à notre adresse que les pages de Fauriel sur le Philomena , il n’en va pas de même pour l’admirable tome XXII ; qui est un véritable « Traité des chansons de geste ». Fauriel, qui tient à rester sur son terrain, s’est chargé des romans provençaux, et c’est à Paulin Paris qu’est tout naturellement échue la tâche, non moins délicate, de mettre en lumière l’épopée nationale. Dans une série de Notices qui sont à la fois scientifiques et charmantes, l’éditeur de Garin et d 'Antioche nous donne un résumé vivant des chansons que ses prédécesseurs n’ont pas encore étudiées. C’est à coup sûr le travail
1 PcHApf xv ' P^11S complet cIue France pût, en 1852, opposer
- à P Allemagne; c’est encore aujourd’hui, une lecture
qu’aucun romaniste, meme allemand, n’est autorisé à dédaigner \ Un des collaborateurs de ce tome XXII était Littré, et c’est pour nous l’occasion de mentionner ici sa très originale étude sur « la Poésie homérique et l’ancienne poésie française » 2. Littré avait assez d’autorité pour qu’on ne se permît pas de le railler sur cette comparaison entre Y Iliade et nos vieilles chansons. D’autres, plus téméraires, ont été moins heureux. La thèse de l’auteur était, d’ailleurs, d’une vérité qui était faite pour frapper tous les yeux, et les enfants eux-mêmes savent aujourd’hui que l’épithète homérique fleurit en notre épopée française. Où Littré a été plus aventureux, c’est quand il a voulu traduire le premier chant de Y Iliade en vers français « des xnc et xinc siècles ». De telles hardiesses n’ont jamais eu jusqu’ici l’heur de réussir, et les plus savants y ont assez piteusement échoué. La tentative de Littré n’a pas été cependant sans être profitable à la science, et c’est le seul éloge qu’on puisse en faire 3.
Seconde période. Nous en arrivons à la publication du Roland par
L’enthousiasme. ~
Le Roland Génm ‘ que nous avons touiours considérée comme une
de Génin. 1 J
1. Depuis 1836, M. Paulin Paris avait commencé à publier ses Manuscrits français de la Bibliothèque du Roi dont sept volumes avaient déjà paru en 1848. On y trouve également un grand nombre de Notices sur nos Chansons de geste, mais qui ont surtout un caractère bibliographique. — 2. Revue des Beux Mondes , lep juillet 1847. Cet article a été reproduit dans l'Histoire de la langue française , t. Ier, p. 307 et ss. — 3. Voici quelques vers de cette traduction qui donneront quelque idée des autres : « Si dit, si siet. En pieds se dresse en l’assemblée, — Agamemnon puissans, le héros fils d’Atrée, — Dolens et tout pleins d’ire en la noire courée, — Et les deux ieus semblans à feu vif et charbon. — Premiers parle à Calchas o regart de félon », etc. — 4 .La Chanson de Roland , poème de Theroulde, texte critique accompagne d’une traduction et de notes , par F. Génin (Paris, Imprimerie nationale, 1850; un vol. in-8°). L’Introduction est divisée en huit chapitres : I. Aperçu du poème. Que renferme t-il d’historique? II. De la Chronique de Turpin. III. Recherche des commencements de
des dates les plus mémorables de ces humbles annales. 1 PAC*T;PU™; 1,1 Ce n’est pas que le Roland n’eut point encore été tra- “ duit, et Delécluze, cinq ans avant Génin, avait pris cette intelligente et heureuse initiative 1 ; mais nous n’avions pas encore vu paraître un véritable vulgarisateur. Génin, merveilleusement doué, avait toutes les qualités requises pour populariser une belle œuvre, et il possédait surtout cet enthousiasme, ce contagieux enthousiasme, qui est par excellence la puissance vulgarisatrice. De là l’incontestable succès de son livre.
11 est aisé de sourire aujourd’hui de sa préface : il eut été plus malaisé de l’écrire. Quel feu! quelle verve!
Gomme cet homme est convaincu qu’il vient de découvrir une belle et lumineuse Iliade ! Comme il croit à son poème! Ce livre très français devait finir par entraîner l’opinion française, et l’auteur fît école.
On me permettra bien, à ce .sujet, de faire ici une petite place à des souvenirs tout personnels. Je me rappellerai toujours l’impression profonde que fit sur moi la première lecture de cette véritable et superbe épopée. Nous avions un soir, quelques amis et moi, emporté ce précieux volume dans je ne sais quel grenier du quartier latin : je l’ouvris presque au hasard, et Dieu permit que je tombasse sur l’incomparable épisode des derniers moments et de la mort de Roland.
Je le lus à mes compagnons de chambrée, mais ce ne fut pas sans peine que je pus achever la lecture. Ma
la langue française pour en inférer Vâge du Roland. IV. De la bataille d’Hastings et de Theroulde auteur de ce poème. V . M. Fauriel réfuté.
VI. Des remaniements et des rajeunissements du Roland aux xme et xiYe siècles. VI. Imitation et traduction du Roland soit en France soit à l’étranger. VIII. De la versification du Roland. Observations sur la lecture du texte. Un mot sur la forme de cette traduction. —
Le poème est arbitrairement divisé en cinq chants ; la traduction est conçue dans le style du xvie siècle.
1. Roland et la Chevalerie, par E. J. Delécluze., Paris, 1845, deux vol. in-8°.
i part. livr. ni. y0ix tremblait, mon cœur se gonflait: enfin je n’v