‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 186 sur 217 · Le Roman de Foulque de Candie par Herbert Leduc, de Dam · texte numérisé non relu

Le Roman de Foulque de Candie par Herbert Leduc, de Dam

martin, publié par P. Tarbé. Reims, 1860, in-8. — 2. Reims, in-8. Tous

ces ouvrages de M. P. Tarbé font partie de sa « Collection des poètes de Champagne antérieurs au xvie siècle. » — 3. Renaus de Montauban Ôder die Haimonskinder, altfranzôsisches Gedicht nach den Handschriften, zum ersten Mal herausgegeben von H. Michelant. Stuttgart, 1862, in-8 (Gedruckt auf Kosten des Literarischen Vereins). —

4. La Chanson de Roland , berichtigt und mit einem Glossar verseben, nebst Beitrægen zur Geschichte der franzœsischen Spraclie. Erste Abtheilung; herausgegeben von Theodor Müller. Gœttingen, 1851, in-8. — 5. La Chanson de Roland , nach der Oxforder Handscrift von

neuem herausgegeben. erlaütert und mit einem vollstandigen Glossar versehen; erste Hælfte, herausgegeben von Th. Müller: Gœttingen, 1863, in-8. — 6. Altfranzàsische Gedichte aus Venezianischen Handschriften, herausgegeben von A. Mussafia. I. Prise de Pampelune. II. Macaire; Wien, 1864, in-8.

essayer de convertir le jargon franco-italien en un ,rART- LIVR- ,nbon français de France. Erreur de notre maître, mais — erreur spirituelle et qu’on est, je l’espère, unanime à lui pardonner.

Après les textes, les traductions. Dans toute l’œuvre de Paulin Paris, il n’est peut-être rien que nous préférions à son « Garin le Loherain mis en nouveau langage 1 ». Nous estimons qu’il serait difficile de traduire plus intelligemment, et cette copie, sans pédanterie et sans archaïsme, a la couleur chaude et vive de l’original : « J’ai voulu, dit très sagement le traducteur, n’employer que des mots d’un usage assez général pour n’embarrasser aucun lecteur sérieux. » Et il ajoute : « J’ai fait de grands efforts pour arriver à rendre le reflet de l’original. » Il y a réussi, et ce reflet est une lumière.

Avec un tout autre système (la traduction en prose vers par vers), la marquise de Saint- Aulaire nous a donné une interprétation populaire de la Chanson ch Antioche 2 qu’elle a voulu commencer, en bonne chrétienne, le jour de l’Invention de la sainte croix et qui aura peut-être fait passer sur quelques âmes le grand souffle des croisades.

Voici trois traductions du Roland : celles de Jônain 3, d’Alexandre de Saint- Albin 4 et du baron d’Avril 6. La dernière seule mérite qu’on en fasse

1. Garin le Loherain , Chanson de geste composée au xne siècle par Jean de Flagy, mise en nouveau langage, avec cette épigraphe :

« Bonne chanson plairoit vos à oïr — De grant estoire et de merveillos pris. » (Collection Hetzel, 1862, in-18). — 2. La Chanson d’Antioche, publiée par M. Paulin Paris, traduite par la marquise de Saint- Aulaire. Paris, 1862, in-8. — 3. Roland, poème héroïque de Theroulde, trouvère du xie siècle , par P. Jônain, traduit sur le texte et la version en prose de Génin. Paris, 1861, in-18. — 4. La Chanson de Roland , poème de Theroulde , suivi de la Chronique de Turpin, traduction d’Alexandre de Saint- Albin. Paris et Bruxelles, 1865 , in-18. —

5. La Chanson de Roland , traduction nouvelle, avec une Introduction et des Notes, par Adolphe d’Avril. Paris, 1865, in-8. — L’Introduc-

i part. livr. ni. estime. Le nouvel interprète de notre vieux chef-

CHAl». XV. 1

- d’œuvre a entrepris de le traduire en vers décasylla-

biques, comme ceux de l’original : il ne s’est affranchi que de la rime. Ce n’est pas ici le lieu de discuter ce système qui offre à la fois de grands inconvénients et de grands avantages. La poésie est surtout composée de deux éléments : le rythme et la couleur. M. d’Avril a merveilleusement rendu lervthme; mais il a dû sacrifier la coiffeur, et parfois la beauté \

11 nous serait malaisé d’énumérer ici toutes les dis-

sertations, tous les mémoires qui ont notre Epopée pour objet, et l’on nous permettra sans doute de ne mentionner ici que les livres qui ont ouvert une voie nouvelle, qui ont été originaux et influents. C’est une bien petite brochure que Y Essai sur F origine de F Epopée française de Charles d’Héricault, et il est avéré qu’elle renferme plus d’une erreur que Paul Meyer a relevée vertement ; mais, malgré tout, quelle intelligence du sujet, que d’aperçus nouveaux, que d’idées suggestives 2 ! C’est également un volume assez mince

tion est divisée en cinq chapitres intitulés : 1° Les Origines ; 2° Considérations historiques; 3° Le Cycle et ses divisions; 4° Les sentiments et les idées ; 5° La forme.

1. Un exemple (la Mort d'Aude) donnera une idée de ce système hardi et parfois dangereux : « Notre Empereur est revenu d’Espagne; — II vient dans Aix, premier siège de France, — Monte au palais, entre en la grande salle. — Aide s’en vient, la belle damoiselle — Et dit à Charles : « Où est Roland le preux — Qui m’a juré de me prendre pour femme? » — Charles en a douleur et grande peine ; — Pleure des yeux, tire sa barbe blanche : — « Sœur, chère amie, d’homme mort tu demandes. — J’en veux trouver en échange un meilleur — Et c’est Louis, je n’en peux pas mieux dire. — Il est mon fils, il tiendra mes Etats. » — Aide répond : « Ce discours m'est étrange. — A Dieu ne plaise, à ses Saints, à ses Anges. — Après Roland que je reste vivante. »— Elle pâlit, tombe aux pieds du roi Charles, — Meurt aussitôt. Que Dieu prenne son âme. » — 2. Essai sur l'origine de l’Épopée française et son histoire au moyen âge , par Ch. d’Héricault. Paris, 1859. (Une brochure de 75 pages in-8, tirage à part de la Revue des Sociétés savantes .) — Le travail de Ch. d’Héricault nous a été, au début de notre œuvre, singulièrement profitable.

que le De Gaidone de Siméon Luce 1 ; mais c’était 1 PART- livr- m-

alors une véritable hardiesse que de présenter, pour le doctorat ès lettres, une thèse latine sur une chanson de geste. Cependant Dozy, critique instruit et pénétrant, faisait halte devant nos Chansons de geste, surtout devant celles de la geste de Guillaume, et leur consacrait de bonnes pages, quelquefois paradoxales, dans ses Recherches sur F histoire et la littérature de F Espagne au moxjen âge 2 ; un norvégien,

M. Unger, nous mettait sous les yeux ce texte de la Karlamagnus Saga 3 qui allait être si richement commenté par Gaston Paris 4 ; Bormans, en Belgique, mettait aux prises la poésie française et la littérature « thioise » et s'aventurait trop souvent à donner à celle-ci une victoire trop aisément contestable 5 ;

Bartsch publiait son beau travail sur le Karl Meinet et débrouillait un chaos dont le seul aspect était décourageant G. Le comte de Puy maigre , lui , débrouillait un autre chaos, celui des romances espagnoles, et démontrait, avec une irréfragable lucidité, cette influence en Espagne de l’épopée française, que des Espagnols seuls ont pu nier 7. Tant d’utiles travaux étaient dominés, si je puis ainsi parler, par l’activité de l’Académie des Inscriptions qui continuait vivement son Histoire littéraire et constatait, avec M. Victor Leclerc, les envahissements victorieux dans

1. De Gaidone carminé gallico vetustiore disquisttio critica; éd. S. Luce. Paris, 1866, in-8. — 2. Troisième édition, Leyde, 1864; deux vol. in-8. — 3. Karlamagnus Saga oh Kappa hans... af C.-R. Unger. Christiania, 1860, in-8. — 4. La Karlamagnus Saga , histoire islandaise de Charlemagne (Bibliothèque de l’École des Chartes , 1864, XXV, p. 89, 1865, XXVI, p. ec ss.). — 5. La Chanson de Roland , fragments d’anciennes rédactions thioises , par J. Bormans. Bruxelles, 1864, in-8. — 6. TJeber Karl Meinet, ewi Beitrag zur Karlsage , von Karl Bartsch. Nürnberg, 1861, in-8. — 7. Les vieux auteurs castillans par le comte Ch. de Puymaigre. Paris, 1862, deux volumes in-18 (première édition).

I PART. LIVR. III. toute l’Europe de notre langue et de notre épopée

CHAP. XV. 1 u 11

- nationales 1.

période™6 II ne nous resterait guère qu’à parler de deux livres, uiSre' et, du premier, nous devons nous taire, puisque c’est de Charlemagne, le notre2. Nous ne sommes pas tenu à la même réserve envers le second, et il y a longtemps déjà 3 que nous avons salué Y Histoire poétique de Charlemagne comme l’honneur de l’érudition française \

Après les trois périodes auxquelles nous avons donné ces noms significatifs, l’Initiative, l’Enthousiasme et le Travail, la période de la Critique venait de commencer avec l’œuvre de Gaston Paris.

Mais déjà notre Epopée avait fait son chemin et conquis sa seconde popularité. Et le jour vint où l’un des plus grandes poètes de ce temps-ci et de tous les temps, cherchant à donner, dans sa Légende des siècles, un portrait exact de toutes les grandes époques de l’humanité, emprunta l’un de ses tableaux à une chanson de la geste de Guillaume, à Aimeri de Narbonne. De là cet Aymerillot qui est la perle de l’écrin.

Comme ils pâlissent devant ces admirables vers, tous les Mémoires des érudits!

Dès que le Poète chante, tout doit se taire, tout se tait...

1. Tome XXIII, 1862 : Discours sur Vètcct des lettres en France au xive siècle. Lire surtout les pp. 496-602. — 2. Le tome premier de la première édition, quoique daté de 1866, a réellement paru en décembre 1865. — 3. Les Épopées françaises, première édition, I, p. 646. — 4. Histoire poétique de Charlemagne , par Gaston Paris, Paris, 1865, in-8. Le livre est divisé en trois parties : I. Les Sources ; IL Les Récits ; III. Vérité et Poésie. = L’Histoire poétique de Charlemagne était la thèse française que Gaston Paris présentait pour le doctorat ès lettres. La thèse latine était le Depseudo Turpino (1865, in-8).

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