‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 187 sur 217 · CHAPITRE XYI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYI

PÉRIODE DE RÉHABILITATION (1870-1893)

CE Qü’ON A FAIT JUSQU’ICI. — CE QU’lL RESTE A FAIRE.

L’Année terrible devait avoir et a eu, en effet, une influence considérable sur les études qui ont l’Épopée française pour objet. C’est le propre des peuples malheureux de se réfugier dans leur passé, pour se consoler des amertumes du présent et se préparer un meilleur avenir. C’est ce dont l’Allemagne nous avait donné l’exemple après Iéna : c’est ce que nous fîmes après 1870, et rien n’était plus légitime. L’ennemi n’avait pas encore quitté notre territoire que déjà nous nous tournions en larmes vers ces deux figures lumineuses, Roland et Jeanne d’Arc, en leur demandant à la fois des consolations et des espérances. L’Allemagne, avec les Contes des frères Grimm et tant d’autres œuvres profondément patriotiques, avait naguère reconstitué son esprit national « par le sentiment éclairé de la solidarité de son présent avecson passé 1 » : la Chanson de Roland fit la même œuvre durant ces années de recueillement que suivirent le grand désastre. Les éditions s’en multiplièrent et firent vibrer les âmes qui étaient désolées et muettes. Roland, lui aussi, était un vaincu; mais une telle défaite n’avait fait subir aucun amoindrisse-

CHAP. XYI.

Influence des désastres de 1870 sur l’étude et l’amour

de notre épopée nationale.

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