Romania , 1885, p
annotées et scientifiquement illustrées ; e’est enfin 1 ,,ART- L,vR- In-
d’imiler l’exemple de Stengel et de mettre sous les - -
yeux du public le fcic similé complet des manuscrits qui ont une véritable importance ou qui prêtent à la polémique.
Il y aura ensuite à rédiger des Notices sur ceux de Nouvelles Notices;
' . , . nouveaux
nos vieux poemes qui n ont pas encore été étudiés Manuels, d’assez près, et l’on pourra prendre ici pour modèles ces Notices de Y Histoire littéraire qui sont des modèles achevés. Il conviendra également de ne pas se défier à l’excès de la synthèse qui est si bien faite pour nos entendements français, et de nous donner de bons Manuels élémentaires où l’histoire de notre épopée tienne en deux ou trois cents pages. La Littérature française du moyen âge , de Gaston Paris, est le type indiqué de ces petits livres qu’il est facile de réclamer, mais plus malaisé d’écrire.
Ce n’est pas tout encore. Il faut continuer l’œuvre si bien commencée par Gaston Paris. Il faut prendre, un par un, tous les héros de nos vieilles épopées et étudier les destinées de leur légende à travers tous les siècles. Il faut écrire une Histoire poétique de Guillaume d’Orange , une Histoire poétique d’Ogier et dix autres encore.
La géographie de nos chansons de geste est à peine ,La géographie ébauchée. Pour être trop souvent fantaisiste ou légen- dc geste* daire, elle n’en est pas moins d’un véritable intérêt, et il en est de .même pour l’onomastique de ces vieux poèmes où il reste encore tant de problèmes à résoudre. L’heure n’est peut-être pas encore venue de rédiger un Dictionnaire des noms de lieux et un Dictionnaire des noms de personnes qu’on peut relever dans les chansons de geste. Il faudra sans doute attendre qu’un plus grand nombre de textes
Los études sur la vie privée.
Sources nouvelles pour la musique et la peinture.
aient été mis en lumière ; mais rien ne serait plus utile que de tels répertoires. Il est superflu d’ajouter que le premier de ces deux glossaires devrait être accompagné de cartes. Elles seraient rigoureusement indispensables pour donner une idée de notre terre, telle que la concevaient nos épiques.
Il ne faut pas s’imaginer que les travaux de Schlutz et de vingt autres aient épuisé cette mine merveilleuse, cette mine inépuisable de nos romans, pour tout ce qui touche au costume, à l’ameublement, à l’armure, à la vie privée de nos pères. On ne possède encore que des esquisses, et les tableaux restent à peindre. De même pour le droit, et M. Flach, un des premiers, vient de mettre le pied dans ce riche domaine qui est presque inexploré. Nous n’osons pas dire que tout soit à faire ; mais nous ne sommes pas trop loin de le penser.
Pour la peinture et la musique, ce « tout est à faire » n’a rien d’excessif. Il y a des centaines de peintres qui sont anxieusement à la recherche d’un sujet de tableau. Que n’ouvrent-ils quelque traduction de nos épopées nationales, Girart de Roussillon ou les Lorrains? Les musiciens, en quête d’un poème vraiment neuf, pourraient donner le même conseil à leurs librettistes dans l’embarras. Les poètes gagneraient à remonter aux mêmes sources, s’ils n’étaient pas persuadés depuis quelque temps que la poésie peut et doit se passer d’idées. Ils pourraient continuer, mais ils ne continueront ni la Légende des siècles de Victor Hugo ni la Légende des Paladins d’Autran. Au théâtre du moins, on a besoin de péripéties originales et entraînantes, et nos chansons en peuvent assurément fournir beaucoup plus qu’on ne viendra leur en demander. Le pauvre Léopold Pannier, qui a été si pré-
maturément enlevé à la science, avait fait tout le plan d’un Amis et Amiles qu’il destinait à la Porte Saint- Martin, et l’on m’assure que ce même sujet tente aujourd’hui M. de Bornier. On peut espérer qu’il en fera le digne pendant de la Fille de Roland.
La France est l’un des pays où il y a certainement le plus d’excellents classiques pour les deux enseignements secondaire et primaire. Notre épopée, il y a vingt ans, a reçu de l’Université un tardif et gracieux accueil ; mais le Roland seul a ses droits d’entrée dans le cénacle. Encore ne l’admet-on que par fragments. Il faut étendre le cercle de notre humble et utile victoire ; il faut que les plus beaux épisodes de nos autres chansons participent à la gloire du Roland. Tout, tout doit être mis en œuvre pour assurer le triomphe décisif de notre épopée nationale : tout, jusqu’à la Bibliothèque bleue et aux images d’Épinal pour les campagnards et les ignorants; tout jusqu’aux Contes et aux Alphabets pour les enfants. Graf a eu l’idée ingénieuse d’emprunter à la littérature épique des Letture per le giovinette : ce qu’il a fait pour les petites Italiennes, faisons-le pour les petites Françaises, et atteignons ainsi tous les âges de la vie comme toutes les classes de la famille humaine.
Yoilà ce qu’il nous reste à faire.
Ce n’est pas, comme on le voit, la vigne qui manque aux ouvriers, mais les ouvriers à la vigne, et la tâche est plus vaste encore dans l’avenir que dans le passé.
Ne reculons pas devant elle.
« Classiques »
pour
l’enseignement secondaire ou primaire,
Propagande
active.