‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 26 sur 217 · J J- CH AP. XX · texte numérisé non relu

J J- CH AP. XX

livres parisis l. Voilà donc l’évêque duement investi -

de ce fief, qui, en vérité, n’aurait jamais dû être acheté ni possédé par un prêtre de Jésus-Christ. Parmi les droits exorbitants que comportait cette possession, il en est un qui exaspérait littéralement tous les habitants de Beauvais : « Li possessans d’icelli fief avoit, de chascun de ceulx qui se marioient à Beauvais et y demeuroient, la robe de l’homme en laquelle li espousez espousoit sa femme, ou finanche pour le rachat d’icelle robe », sans parler « d’un pot de vin, d’ung pain et d’ung mès de char, » Dès qu’on sut le fief tombé aux mains de l’Evêque, ce fut une protestation unanime; l’ofïlcialité deBeims s’émut; la muni-

cipalité de Beauvais intervint et, par un coup d’Etat qui ne déplut pas à l’évêque, lui racheta, pour huit cents livres, les droits du dit fief sur les mariages 2. Ce

1. « A tous ceulx que ces présentes lettres verront ou orront, Jehans de Marceilles à ce temps bailli de Beauvais, salut en Nostre Seigneur. Sachent tout que, par devant nous comme par devant justice, vinrent en jugement en propres personnes, Jehan de Saint-Denis,

clerc, et Jehanne sa femme . ; recongneurent et confessèrent, de leur

propre volenté, . avoir vendu, quitté, ottroyé, deguerpy et delais-

sié . à reverend pere en Dieu Monseigneur de Marrigny, par la grâce

de Dieu, evesque de Beauvais, achetant, prenant et rechevant pour li et pour les ayans cause de li, ung fief de serviche estant à Beauvais, qui est dict le fief de le jonglerie, aveuc toutes les appartenanches de clieli fief tenu en foy et en hommage du dit Monseigneur de Beauvais, et che pour le pris de douze vingts livres parisis, bonne et fort monnoye... Ce fut faict en l’an de grâce Nostre Seigneur mil trois chens et trente, le vingt quatriesme jour du mois de juing.» (Archives communales de Beauvais, Cart. AA 1, f° 65 r°.) — 2. « Sachent tout que nous, considéré et pensé en che le grant pourfît de nostre dicte eglise de Beauvais, pour oster les plaictz, ryos, maultalens et dissentions qui pour ce venoient de jour en jour et estoient ja meüz,... et pour mettre tranquilité et paix es dicts mariages, de l’accord et assentement du chappitre de nostre eglise de Beauvais, avons transigé, composé et accordé aveuc les dictz maire, pers èt singulières personnes dessusdictes, tant fiefvez comme clercs... Est assavoir que nous quittons, remettons et délaissons à tous jours perpétuellement et sans rappel as dictz maire, pers, liabitans et demeurans en la dicte ville de Beauvais et suburbe... toutes les redevances quelconques qui, pour

I PART. LIVR. II. rachat, qui est daté du 5 juillet 1330, fut consenti par

Page 1