‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 37 sur 217 · I. EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

I. EN ALLEMAGNE

Victoire ait jamais taillés à ses favoris »? L’Allemagne était-elle alors en puissance de produire une épopée?

Avait-elle cette unité de traditions, d’idées, de tendances et de vie qui est nécessaire à la production d’une poésie véritablement nationale? On ne saurait l’affirmer. Elle était divisée, que dis-je, émiettée, en je ne sais combien de tribus, dont quelques-unes étaient encore païennes et à peu près sauvages, qui ne savaient pas être unies entre elles et ne formaient pas une nation, qui n’avaient point de passé et point d’histoire, et ne possédaient sans doute d’autre poésie que quelques chants guerriers pour marcher à l’ennemi. Un tel terrain, on l’a dit avant nous, n’était pas préparé pour l’Épopée.

C’est de notre France qu’est sorti le Charlemagne Le Charlemagne épique. Il y a certaine légende qui nous montre le grand empereur sortant un jour de son tombeau, vivant, glorieux, vainqueur. En réalité, ce miracle a été accompli durant les premiers siècles du moyen âge, et Caries lï reis nostre emperere magnes a été ressuscité par l’épopée française.

Sans doute l’Allemagne a pu se montrer joyeuse d’une telle résurrection; mais elle n’y a pris aucune part décisive. 11 est démontré que « la figure plus qu’à moitié germanique de Charlemagne n’avait pas cessé d’être populaire au-delà du Rhin; mais il n’est pas moins certain qu’elle n’y devint pas le centre d’une épopée 1 ». Ces paroles d’un bon juge résument toute la question.

11 ne faut donc s’attendre, là-bas, à rien de spontané, ni à rien de vivant ; il ne faut pas s’imaginer y voir tous les chemins sillonnés de jongleurs qui,

epique est d’origine française et non pas germanique.

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