IV. AUX PAYS SCANDINAVES
Ultima Thulel Notre épopée a été jusque là, et il est certain qu’au premier abord un tel voyage offre je ne sais quoi d’inattendu et d’improbable. Entre la Suède, la Norvège, le Danemarck et l’Islande, d’une part, et la France, de l’autre, il semble qu’il ne pouvait guère y avoir rien de commun. Isolées du monde entier et, pour ainsi dire enfouies dans leurs glaces, les races Scandinaves avaient une vie tellement lointaine qu’elle en était presque légendaire. Comme on l’a dit avant nous 4, « la conquête romaine ne les avait pas atteintes ; elles étaient restées inaccessibles à la civilisation antique et au christianisme , et étaient encore au ixc siècle dans un état absolument barbare ». On fut longtemps chez nous avant de connaître ces idolâtres, ces païens du Nord; mais, quand on les connut, ce fut bien pis encore, et ils durent paraître encore plus impénétrables à notre poésie et à nos mœurs. Il faut se figurer ces Norois, ces grands hommes blonds, ces bandits de la mer, remontant par milliers le cours de nos grands fleuves,