‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 57 sur 217 · Histoire poétique cle Charlemagne, pp · texte numérisé non relu

Histoire poétique cle Charlemagne, pp

jetant des torches enflammées sur les toits de nos basiliques, brûlant, pillant, tuant ; puis, se rembarquant, et, chargés de butin, franchissant la mer pour rentrer dans leurs huttes. Ils furent le grand effroi du monde chrétien qui se trouva un assez long temps enserré et comme étouffé entre les masses profondes de ces Normands et celles des Sarrazins. Rien donc ne pouvait faire croire que nos poèmes nationaux et chrétiens pussent être un jour accueillis, écoutés, aimés par ces sauvages.

Il fallut tout d’abord qu’ils se convertissent à la foi chrétienne, et ce seul fait rendit tout possible.

Entrant dans l’Eglise, ils entrèrent du même coup dans le commerce de tous les peuples chrétiens. Il s’établit, entre ces peuples et eux, des relations qui devinrent de plus en plus régulières et constantes. Ils firent partie enfin de ce grand groupe catholique qui, sous la conduite des Papes, formait alors l’élément le plus honorable et le plus vivant et, pour mieux parler, l’élite de toute l’humanité.

Malgré tout, leur conversion n’avait pas été aussi profonde qu’on pourrait le croire. Sans parler ici des restes de superstitions et de barbarie, il leur était demeuré dans la mémoire de vieux chants païens 1 qui les faisaient encore tressaillir d’enthousiasme. Tant que ces chants retentiraient, on pouvait craindre que les Norois ne fussent pas véritablement chrétiens. C’est ce que comprit un de leurs rois, Haquin Y (Haakon-Haakonson), qui monta en 1217 sur le trône de Norvège et mourut en 1263. Toute sa gloire peut se résumer en ces quelques mots : « Il acheva de détruire le paga-

Il n’en est plus de même après

sa conversion, et les

traductions

de

nos vieux poèmes deviennent alors

des instruments de propagande contre les derniers efforts

du paganisme norois.

Rôle

important

du

roi Haquin V (1217-1263) dans cette utile diffusion de notre épopée nationale et chrétienne.

1. « La Scandinavie admira dans notre épopée un idéal qu’elle n’avait pu concevoir. On y propagea nos poèmes pour combattre l’attachement du peuple à sa vieille poésie païenne. » (. Ibid p. 27.)

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