‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 58 sur 217 · I PART. U VIS. H · texte numérisé non relu

I PART. U VIS. H

CHAP. XXVl.

Nos Chansons de geste ont, sans doute pénétré dans les pays Scandinaves par

l'intermédiaire

de

l’Angleterre.

nisme », et, suivant l’excellente observation de G. Paris 1 qui a si nettement vu toutes ces choses, « il voulut sans cloute achever son œuvre en substituant aux vieux chants mythologiques les œuvres de la nouvelle poésie chevaleresque ». Le choix était heureux ; disons mieux : il s’imposait. En jetant les yeux autour de lui, Haquin ne pouvait guère rencontrer d’autres poèmes vraiment chrétiens que des chansons d’origine française. Elles avaient en outre cet avantage d’être à la fois chrétiennes et guerrières. On y donnait, pendant des milliers de vers, de ces beaux coups de lance ou d’épée auxquels les chevaliers norois n’étaient pas insensibles : on y détestait le Sarrazin ; on y parlait de délivrer le sépulcre du Christ. Il y avait là de quoi ravir ces anciens pirates, encore mal accoisés, et notre épopée était pour leur plaire.

Est-ce de France qu’ils la reçurent directement, et n’y eut-il pas, entre eux et nous, un peuple qui servit de trait d’union. En 1866, Paul Meyer écrivait déjà 2 : « Peut-être trouverait-on certains motifs de croire que beaucoup de manuscrits qui ont servi de texte aux traducteurs norois sont venus de la Grande-Bretagne qui fut en relation constante avec les pays Scandinaves et où existaient au moyen âge des colonies noroises. » La lumière s’est faite depuis lors, et G. Paris, dans sa Littérature française au moyen âge 3, a pu affirmer que « dès le commencement du xmc siècle, les Norvégiens connaissaient nos chansons de geste par l’intermédiaire de l’Angleterre ». Si ce n’est pas la certitude, c’est la probabilité qui paraît s’en approcher le plus.

1. Histoire poétique de Charlemagne, p. 148. — 2. Recherches sur l'Épopée française, Bibliothèque de l’École des Chartes, 1867. p. 308. — 3. §32; p. 51.

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