IV. AUX PAYS SCANDINAVES
sont ni germains, ni Scandinaves, ni romans. Cette influence est assez t part. ltvr. n. restreinte. = En Hongrie, nous n’avons vraiment à nous targuer que du CHAP’ XXVI* témoignage d’un écrivain qui fut à la fois le secrétaire et le biographe de Mathias Corvin. Il s’agit de Galeottus qui nous raconte ce trait de son héros et de son maître : « Ad hujusmodi carmina (ce sont des chants où il était question de notre Roland et de nos autres preux) adeo erat attentus, ut, cibi potusque oblitus, inedia pressus, a mane usque ad vesperum, adillorum vehementes ictus pugnamque acerrimam quodam modo stupefactus, nil aliud cogitans, interdum gloria victoris accensus, brachiaque pedesque sub quadam gesticulatione movebat, cum et pugnantibus et adesse et præesse videretur. » (Galeotti Martii Narniensis. De dictis et factis Mcitthiæ regis, cap. xn. — Scriptores rerum Hungaricarum, éd. Joanne G. Schwandnero, Vindobonœ, 1746- 1748, t. I, p. 543.) Il ne faudrait pas tirer de ce texte des conclusions excessives, et il est seulement certain que nos héros nationaux étaient là-bas populaires et aimés. = En Bohême, moins encore. Quelques «statues de Roland » (une notamment sur le pont de Prague), et un passage d’un chroniqueur : c’est tout. La réputation de Roland s’était cependant étendue jusque chez les Tchèques. Dans la Chronique rimée, dite de Dalimil, publiée par Jos. Jirecek (Prague, 1877, p. 86), on parle d’un guerrier, nommé Beneda, qui se vante de couper deux meules avec son épée : « Peut-être, dit le chroniqueur, voulait-il se vanter ; peut-être était-ce la vérité, comme on le lit de Roland, quand des païens il arriva malheur à Charlemagne : Jakz se ctie o Rulantovi —
Kdyz sei stala Skoda Karlovi; ut legitur de Rolando — Quando advenit calamitas Carolo. » ( Revue critique, 1878, I, p. 193. Article de M. L.
Leger. J’ai reproduit les deux vers tchèques avec les variantes et la traduction de M. L. L.) = Pour la Grèce, on peut s’en tenir aux sages conclusions de Iv. Nirop : 1° Nos vieux poèmes ont été certainement chantés dans les petites principautés françaises de l’Orient grec et y ont été, sans nul doute, chantés en langue d’oïl ; 2ô ils ont pu y être traduits en grec; mais les preuves manquent. (Cf. l’ouvrage de M. Gidel : Études sur la littérature grecque moderne, etc. Paris, 1865, et l’article de la Revue critique, 1866, t. II, pp. 392-400). = C’est avec raison que G. Paris dit en son Histoire poétique de Charlemagne (p. 26) : « Les peuples slaves, étrangers à tout le cercle d’idées et de faits où se meut l’épopée française, ne l’ont point admise. » Une seule de nos légendes épiques y a vraiment pénétré : c’est celle de Bueves d’Hanstone (Alfred Rambaud, la Russie épique , 1876, pp. 429-433). =
« Il circule sur Beuves d’Hanstone un conte russe qui peut remonter a un original grec. » ( Romania , 1885, p. 151.) A quelle époque cette légende a-t-elle pénétré en Russie? Il est fort difficile de le préciser.
= Rien en Silésie et en Pologne qui vaille scientifiquement la peine d’ètre noté. (V. la lre éd. de notre Roland , I, pp. cxxx-cxxxi.) = Il est intéressant de terminer par les Juifs, et d’observer que c’est un conte juif, datant de 1501, qui est probablement la base du conte roumain sur le héros précédemment cité, sur Beuves d’Hanstone. ( Romania ,