‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 67 sur 217 · Cf. notre tome III, p · texte numérisé non relu

Cf. notre tome III, p

De

la première époque ou « époque, des

juglares ».

Il convient maintenant d’étudier par le menu chacune de ces phases qui sont si lumineusement distinctes Tune de l’autre. — Et, tout d’abord, la première, celle des juglares.

On n’a pas encore assez approfondi l’histoire des grands pèlerinages, tels que celui de Saint-Jacques de Compostelle. Ce sont ces pèlerinages qui ont établi entre les peuples du moyen âge un commerce incessant, un va-et-vient perpétuel de nouvelles, d’idées, de légendes et de chants. Le meilleur historien de la poésie héroïque en Espagne, Mila y Fontanals, a constaté l’affluence des pèlerins étrangers à Saint-Jacques « dès le neuvième siècle ». Est-ce que, parmi ces pèlerins, ceux de France ne devaient pas être les plus nombreux? Est-ce que, durant les loisirs que leur laissait leur dévotion à l’Apôtre, ils pouvaient se taire sur les histoires et les chants de leur pays? Est-ce qu’il n’est pas prouvé que les jongleurs pullulaient à tous les pèlerinages? Et que pouvaient enfin chanter les jongleurs de France, si ce n’est les chansons de France ^Ilsn’y manquèrent pas, et nous avons plus d’un texte qui prouve jusqu’à l’évidence la popularité profonde de nos héros français au-delà des Pyrénées. On ne parle là-bas que de Roland et d’Olivier, dont on ne sépare guère les deux noms. Dans la « Chronique du siège d’ Alméria », qui fut écrite en 1157, le poète rappelle, pour désigner et dater toute une époque, le temps ou vivait Roland :

1. «L’Espagne s’inspirait de nos Chansons de geste dès le milieu du xiie siècle pour chanter le Cid et composait même, sur des sujets carolingiens, des cantares de gesta dont quelques débris se retrouvent dans les romances du xve siècle. » (G. Paris, La Littérature française au moyen âge , p. 51, § 32.)= En ce qui concerne la date du Cid, M. Dozy (Recherches sur l’histoire et la littérature de l'Espagne pendant le moyen âge) croit le poème composé seulement en 1207, tandis que M. Vollrnœller ( Gœttinger gelehrte Anzeigen , 1882) le considère comme ayant été écrit peu après 1135. (. Romania , 1882, p. 524.)

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