‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 69 sur 217 · T PART. LIVR. II CHAP. XXVII · texte numérisé non relu

T PART. LIVR. II CHAP. XXVII

Seconde époque.

Réaction patriotique contre

les chansons de

France.

• Cronica general cite également, comme noms connus

-de tous, ceux d’Ogier, de Renaud, de Thierry d’Ardenne, de Salomon et d’Engelier \ Une connaissance si détaillée de nos chansons épiques suppose en vérité une longue et puissante action exercée par les jongleurs. Joignez à cela cette fameuse Chronique du faux Turpin. Il est vrai qu’au] ourd’hui les cinq premiers chapitres de cette œuvre complexe ne sont plus considérés par M. G. Paris comme l’œuvre d’un espagnol, mais comme celle d’un clerc français, et que « renonçant aux raisons qui lui avaient fait reculer cet écrit jusqu’au milieu du xie siècle, il le placerait volontiers dans les dernières années de ce siècle, dans les premières du suivant 2 ». Mais il importe peu. L’influence du faux Turpin, quelle que soit sa date, s’est étendue certainement à la péninsule, et cet apocryphe y a entouré d’une auréole encore plus vive le front populaire de nos héros. Bref, on peut placer au xiT siècle l’apogée incontesté de l’Epopée française en Espagne.

La réaction avait déjà commencé.

La nationalité espagnole, à travers des temps difficiles, s’était peu à peu constituée avec tous ses caractères et, pour ainsi parler, avec son style. La fierté était assurément un de ces caractères, comme elle l’est encore aujourd’hui après sept ou huit cents ans. On se révolta à la fin de n’entendre célébrer, dans les cantares de gesta, que la gloire du grand empereur de France et de ses chevaliers 3. Tous Français; pas

1. « La Chronique générale (p. 220), dans la nomenclature des chevaliers qui se trouvèrent à Roncevaux, cite Ancelin, Renaud de Montauban, Terrin d’Ardennes, Ogier le Danois, Salemon de Bretagne, Angelier. Nous ne devons pas négliger ces reflets de notre littérature chevaleresque. ». (Comte de Puymaigre, 1. c. pp. 160, 161.) — 2. Romania, 1882, pp. 423, 424. — 3. Cf.Mila y Fontanals, cité plus loin, III, 550.

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