‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 75 sur 217 · I PART. LTVR. U. CHAP. XXVII · texte numérisé non relu

I PART. LTVR. U. CHAP. XXVII

Quatrième époque.

Traductions de nos romans en prose vulgarisés par l’imprime rie.

I. « De Mantua sale el Marques — Danes Urgel el leal » ; — « De Mantua salen apresa » ; « En el nombre de Jésus. » (Mila y Fontanals,

1. c. p. 342.) « Le nom de Marquis de Mantua, donné à Ogier (Urgel, Urgero ou Urgeo) ne peut être qu’une corruption du titre « de la Marche » ou de « les Marches >» (Danemarche) qu’Ogier prend dans les poèmes français. » = Les romances ont confondu les traditions françaises d’Ogier vengeant la mort de son fils Beaudouinet tué d’un coup d’échiquier par Chariot, et de Beaudouin, frère de Roland et époux de cette Sibille qui est la veuve de Guiteclin. » {Ici., ibid., p. 343.) —

2. « Un héros des romances d’Espagne, Montesinos, se trouve, dans les circonstances de sa naissance, dans les aventures de la vie, avoir de grands rapports avec notre Aiol. Parmi les six romances de Montesinos que publient MM. Wolf et Hofmann dans leur Recueil (Primavera y flor de romances ), il en est deux (« Muchas veces » et « Gata Francia Montesinos ») qui sont des imitations directes de notre chanson, et une troisième (Ya se sale Guiomar) qui lui ressemble encore, mais d’une manière moins positive » {Aiol, éd. J. Normand et G. Raynaud, p. li). Suit l’analyse détaillée de ces trois romances. — 3. « Mala la visteis, Franceses, — la caza de Roncesvalles ». (V. Mila, 1. c. p. 353.) L’attribution à Garin d’Anseüne reste bien douteuse. — 4. « Del soldan de Babilonia » etc. (Mila, 1. c., p. 358.) Cf. l’Introduction de l’édition d 'Aimeri de Narbonne, par Demaison. — 5. « Ya cabalga Calainos — à la sonbra de una oliva » et « En misa esta el emperador ». (Mila, 1. c., pp. 357, 358. Cf., plus loin, III, p. 384.) — 6. Wolf, Primavera , etc. II, p* 417. — 7. « Nuno Vero, Nuno Vero, — buen caballero probado » ; — « Tan clara liace la luna — Como el sol a medio dia; » — « Atan alta va la luna » (Mila, 1. c., pp. 343, 344). La romance « Nuno Vero » a été traduite par M. de Puymaigre. {Vieux auteurs castillans, lre éd., II, p. 314.) Nous reproduisons plus loin (III, 656) la traduction de cette romance qui est faite pour servir ici de type, comme plus haut le Muchas partes. — 8. Les romances qui ont Bernard del Carpio pour objet « émanent généralement de littérateurs du xvie siècle ». (G. Paris, Histoire poétique de Charlemagne, p. 207.)

1 œap. xxvii.11, lettre, elles sont plus exactes que les romances; elles conservent un peu plus de la charpente de nos vieux romans; mais elles en altèrent davantage l’esprit. Ces médiocrités, cependant, ont scandaleusement réussi partout et en particulier, qui le croirait? dans ce fier pays d’Espagne qui, naguère, accueillait si dédaigneusement les œuvres des autres peuples. C’est Fiera bras — il s’y fallait attendre — qui eut là-bas le succès le plus retentissant, comme aussi le plus immérité. L ’Historia di Carlomagno y de los doce pares de Francia , par Nicolas de Piamonte, dont la première édition parut en 1528 et dont on a pu dire « qu’elle se publiait encore tous les ans 1 » , cette prétendue histoire du grand empereur n’est autre chose que la Conqueste du grant Charlemaine des Espagnes, dont le principal élément est notre Fierabras. Sous ce dernier nom, cette œuvre plate n’aurait peut-être pas trouvé un grand nombre de lecteurs en Espagne ; mais sous ce titre : Historiadi Carlomagno , elle força l’admiration universelle et, — bizarre destinée d’un livre sans valeur, — il sembla un moment qu’il n’y eut pas assez de presses pour donner au public une satisfaction assez rapide. Il faut tout dire : dans cette compilation de la décadence, quelques chapitres étaient consacrés à Roncevaux et à Roland. C’est ce grand nom qui explique tout et a tout emporté 2.

1. « Il n’y a pas de livre qui soit plus populaire en Espagne : nous en avons vu des exemplaires dans toutes les librairies à bon marché de diverses villes espagnoles. » (G. Paris, Histoire poétique de Charlemagne , p. 214). « La Chronique de Turpin, jointe parle Vaudois Jean Bagnyon (xve siècle) à une mise en prose du Fierabras, a été imprimée depuis lors un nombre incalculable de fois, non seulement en français, mais en anglais, en espagnol, en portugais et en allemand. » (Id., La Littérature française au moyen âge, p. 62, § 37.) Cf. notre tome III, p. 385, etc. — 2. Cf. les huit Romances du xvne siècle, oeuvre de Juan José Lopez, qui contiennent un méchant résumé du livre de Nicolas de Piamonte (III, 385).

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