‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 86 sur 217 · VI. EN ITALIE · texte numérisé non relu

VI. EN ITALIE

voit que, même sans la Spagna, les Reali faisaient leur chemin dans le monde. •

C’est à d’autres compilateurs et à d’autres poètes qu’il était réservé d’écrire la Spagna.

Mais, comme il y a plusieurs œuvres qui portent ce titre (les unes en vers, les autres en prose), il importe d’établir très lucidement leurs caractères distinctifs et leur vraie filiation.

Donc, il y a eu une Spagna in rima qui fut composée entre les années 1350 et 1380 et qui est certainement antérieure à toutes les Spagna en prose. Ce premier poème, emprunté à des légendes françaises plus ou moins défigurées, a été lui-même, au xve siècle, remanié ou plutôt imité en vers et de là une nouvelle famille, à laquelle M. Rajna a donné le nom de Rotta cliRoncisvalle. C’est au xvc siècle également que fut écrite la Spagna en prose où l’on trouve des citations de la Spagna en vers, et dont il nous est resté deux manuscrits, celui de la Bibliothèque Albani et celui de la Bibliothèque Médicis ; mais, ici encore, il y a une seconde famille de textes, laquelle est représentée par le Viaggio di Carlomagno in Ispagna, œuvre milanaise du milieu du xve siècle. Toute cette classification est due à M. Pio Bajna 1 qui a fait pour l’Italie ce que Mila de Fontanals a fait pour l’Espagne. Toute comparaison entre ces deux hommes ne peut que faire honneur à chacun d’eux.

Les théories de Bajna renversent tous les systèmes qui avaient été précédemment hasardés. Il n’est plus permis de dire que la Spagna in rima ait pour auteur un Sostegno di Zanobi, et l’on sait qu’elle est l’œuvre

1. La Rotta di Roncisvalle nella letteratura cavalier escha italiana. Bologna, tipi Fava et Garagnani, 1871. (Extrait du Propugnatore, I, p. 387 et ss.) Nous en avons donné plus loin un résumé plus analytique (III, pp. 406, 407).

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