‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 91 sur 217 · VI. EN ITALIE · texte numérisé non relu

VI. EN ITALIE

se rend dans la chambre qu’il habitait au palais et s’v 1 pART- L,VR- »• revêt du costume des pèlerins : esclamne , bourdon et le reste. Puis, toujours silencieux et grave, il saisit l’Oriflamme dont il avait la garde, rentre dans la grand’salle, s’agenouille devant l’Empereur et lui demande sa bénédiction. Après quoi, il se relève, remet l’Oriflamme aux mains de Charles et sort du Palais.

On n’a jamais su, depuis lors, ce qu’il était devenu1.

Voilà qui est grand.

La légende de Guillaume n’a vraiment donné lieu La légende

. ~ . . . d’Ogier.

en Italie qu’à cette vaste compilation des Nerbonesi.

Rien de complexe, rien d’obscur. Par malheur, il

n’en va pas de même pour la geste, absolument factice et artificielle, à laquelle les cycliques ont imposé le nom de Doon de Mayence. Elle n’a pas d’unité, cette geste de Doon, et semble double à tout le moins. Deux héros, Ogier et Renaud, s’y disputent la première place. Tous deux la mériteraient à des titres divers et seraient dignes d’être le centre de tout le cycle.

Tous deux, disons-nous; mais c’est un de trop.

Renaud et Ogier ont été adoptés par les jongleurs et, plus tard, par les poètes ou les prosateurs italiens.

Le premier, je l’avoue, a eu là-bas une meilleure et plus brillante fortune : il a fait échec à Roland luimême, et tout récemment encore, les cantastorie, les chante-histoires, en Sicile et à Naples, portaient le nom de Rinaldi , à cause qu’ils chantaient surtout les exploits de Renaud de Montauban 2. Pour avoir eu moins de rayonnement, Ogier n’en a pas moins été un des héros les plus populaires de la littérature italienne,

1. Livre I, chap. xxv; éd. Isola, I, pr>. 70-71. Il est à désirer que l’on compose quelque jour une «Chrestomathie », non seulement avec ces extraits des Nerbonesi, mais encore avec les meilleurs morceaux de toutes les imitations étrangères de notre Épopée nationale. —

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