‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 92 sur 217 · CHAP. XXVIII. A 1 J I · texte numérisé non relu

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leurs, est des plus compliquées, et jamais nous n’avons eu besoin d’autant de clarté.

Dans la légende d’Ogier, il est trois éléments qu’il faut toujours distinguer l’un de l’autre : ses Enfances, sa Chevalerie, et les Suites fort diverses que l’on a données ultérieurement à l’antique légende du Danois. En Italie, c’est la mort de Brehier (Bravieri) qui termine la Chevalerie d’Ogier et forme une séparation très nette entre cette Chevalerie et les Suites. Voilà déjà le terrain déblayé l.

Les enfances d’Ogier, à notre connaissance, n’ont été l’objet en Italie que d’un seul récit qui soit parvenu jusqu’à nous, et c’est le petit poème franco-italien qui fait partie de ce fameux manuscrit XIII de Venise, lequel est de la fin du xn° siècle et forme une sorte de Reali anticipés 2. La Chevalerie, au contraire, a été plus durablement populaire et, à côté de la version du manuscrit XIII de Venise, nous en possédons, en Italie, deux rédactions plus ou moins éloignées des textes français 3,

1. Tout ce qui suit est le résumé, — aussi condensé que possible, — d’un très consciencieux et très long- travail de Pio Rajna, qui est intitulé : Uggeri il Danese nella letteratura romanzesca degli Italiani; (Romania, 1873, p. 153 et ss.; 1874, pp. 31 et ss.; 1875, pp. 398 et ss.) Le savant italien a résumé, dans un Tableau facile à saisir, la filiation de toutes les œuvres françaises et italiennes consacrées à Ogier (1. c., 1874, p. 70). — 2. Voy. sur ces «Enfances d’Ogier » d’après le ms. XIII, les deux articles de F. Guessard, dans la Bibliothèque de VÊcole des Chartes, (t. XVIII, pp. 193 et ss. et XXV, pp. 489 et ss). Cf. plus loin l’analyse de cette partie du poème franco-italien (III, p. 55). On la comparera utilement avec la vieille chanson attribuée à Raimbert (vers 1- 3102. Cf. 111,52-63) et avec les Enfances Ogier d’Adenet. — 3. Nous croyons devoir donner ici, en regard l’une de l’autre : 1° l’analyse de la « Chevalerie Ogier », d’après le ms. XIII de Venise et 2° l’analyse de cette même « Chevalerie » d’après le poème toscan en octaves. Entre ces deux types, la différence est considérable. Le ms. XIII est encore fidèle à la tradition française : le poète toscan brode en toute liberté sur le vieux canevas.

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