‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 95 sur 217 · VI. EN ITALIE · texte numérisé non relu

VI. EN ITALIE

chansons) survient une jeune païenne, qui s’appelle ici Braidamonte et est la propre fille du Soudan. Elle ne connaît Olivier que d’après una depintura ; mais elle l’aime déjà et promet aux prisonniers de faire à tout le moins retarder leur supplice. Averti par un songe, — ce fameux songe épique qu’on retrouve partout, — Roland n’hésite pas à aller au secours des deux messagers. Il emmène avec lui Olivier, Renaud et Ogier, et arrive à Tancia, juste au moment où l’on allait pendre aux fourches Astolphe et Richard décidément perdus. Braidamonte remplit de plus en plus l’office de Floripas dans Fierabras et se fait l’alliée de Roland et d’Olivier, de Renaud et du Danois : la ville tombe aux mains des chrétiens, et tous les païens, sans plus tarder, y reçoivent le baptême. Puis les Français retournent en France, et voilà un épisode achevé : il n’a, comme on le voit, rien de très original. Or, un jour, le grand empereur Charles tenait sa cour et vit arriver devant lui (comme en tant d’autres romans) un géant énorme, qui se nomme ici Burrato et est porteur d’un message de Nuvolone, fils de Libanor. L’Empereur, à cette ambassade, répond par une autre ambassade, et c’est, comme on sait, son procédé le plus ordinaire. Ogier, cette fois, n’est pas du voyage, qui abonde en aventures et où l’on assiste, comme dans le Pèlerinage de Jérusalem , à une scène de gabs ou de vanti. Les trois Français arrivent à Arna(?), y tuent le roi et laissent la terre à sa fille Gismonda, qui a en secret embrassé la foi chrétienne. Puis ils remplissent leur message auprès de Nuvolone et convertissent plus qu’à moitié le géant Burrato qui se décide à les accompagner en France. Par malheur, une tempête sépare un jour le géant de ses trois nou-

1 CHAP xxviii n ' veaux amis : de là un long retard dans le voyage des

- messagers, et le roi Nuvolone, pendant ce temps,

vient mettre le siège devant Paris. Il est long, ce siège, et banal autant que long : batailles, trêves, nouvelles batailles. Un seul trait original, tout au plus. Le roi Nuvolone se prend d’amour pour la belle Aude, qu’on ne s’attendait guères à rencontrer ici, et Ganelon, par haine de Roland, favorise cet étrange amour. Même il va jusqu’à faciliter au païen l’enlèvement de la chrétienne; mais ce honteux projet échoue, et le sarrazin tombe sous les coups de Renaud. La France est encore une fois délivrée : c’est la paix. Il n’y aurait vraiment aucun inconvénient à ce que le poème prît fin ; mais il consiste, comme on le voit, en un égrenage d’épisodes, et il n’y a pas de raison pour que l’auteur n’ajoute pas sans cesse de nouveaux grains à cet interminable chapelet. Donc, Renaud se jette un jour en de nouvelles aventures, accompagné cette fois de Riciardetto et d’autres preux. La belle Gismonda était assiégée dans Arna : il la délivre. Quant à Riciardetto, il n’a été visiblement conduit à Arna par notre poète que pour y être bientôt aimé par Gismonda. Cet amour éclate, ils se marient, et Gismonda devient mère de deux jumeaux. Cependant Roland et Ogier se sont, de leur côté, mis en route vers la « païenie ». Les voilà à Gioiosa, et c’est là qu’a lieu une course de chevaux où, comme dans Renaus de Montciuban, triomphe aisément le bon cheval Rayard. Par malheur, on reconnaît Ogier et Roland, et les deux paladins sont jetés en prison. On devine sans peine qu’ils sont bientôt délivrés par Renaud et Riciardetto; mais ce qu’on ne pouvait prévoir aussi facilement, c’est le triste sort de la pauvre Gismonda et de ses deux fils que l’on croit morts. Les Français délivrent Arna qui

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