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VI. EN ITALIE

Mor gante maggiore 1 ; Bojardo, en 1486, son Orlando innamorato , et le grand Arioste, en 1516, cet Orlando furioso qui est le chef-d’œuvre de la nouvelle école et demeurera toujours, malgré tout, un des chefsd’œuvre de la poésie humaine.

Certes, ce n’est plus là notre épopée française ; mais enfin c’est la lumière, mais enfin c’est la beauté I On en avait besoin.

C’est dans la seconde moitié, ou plutôt vers la fin du xv° siècle que nous faisons commencer cette quatrième et dernière période de notre histoire de l’Épopée française en Italie à laquelle nous avons pu donner le nom de « Renaissance ». Le mot d’ailleurs ne saurait s’appliquer ici à notre épopée expirante, mais à la poésie italienne qui, en pleine et superbe floraison, ne nous empruntera plus désormais que les noms de nos héros et certains traits de leur légende. Cette « Renaissance » ne s’explique que trop bien, si l’on songe à l’épouvantable avalanche de méchants petits poèmes, consacrés surtout à Roland et à Renaud, qui exerçaient de véritables ravages dans la littérature italienne au moment où Pulci parut. Celui-ci n’était pas sans connaître, d’une façon à tout le moins indirecte, les fictions venues de France. A coup sûr, la légende de Roland lui était familière et son Mor gante , au dire des meilleurs juges, n’est sans doute que « le remaniement d’un poème ignoré » qui devait avoir des sources françaises. Entre la Spagna en prose et le poème de Pulci, Pio Rajna a constaté certaines rencontres qui ne sauraient surprendre. Quant au héros du

1. Les cinq derniers ont été publiés à Florence en 1482, clans une édition qui n’est connue que depuis assez peu de temps. Cf. les éditions de Venise en 1488, 1494, 1507, 1521, 1532, 1531, 1535, 1539, 1545, 1546, 1549, 1550; de Milan, 1517 ; de Florence, 1574, etc.

Le Moraante de Pulci.

irART.LivR.n. Morqante, c’est un géant nui, comme on l’a observé

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