L*OPÉRA-COMIQUE
dormir debout de l'Arioste.... Mais si l'on me demande quel est le chef-d'œuvre des chefs-d'œuvre, je ne connais rien qui approche, même de loin, du merveilleux poème de Scribe où l'on voit la reine de Portugal épouser, au son des fanfares d'Auber, un jeune hidalgo sans sou ni maille, qu'elle a rencontré en voyage, un jour de pluie, abrité sous le même rocher qu'elle. Aucune épopée au monde, aucune tragédie, aucun drame, aucun roman, aucun conte, ne m'a jamais satisfait pleinement, si ce n'est celui-là. »
Tous les vieux opéras-comiques ne tournent pas d'une manière aussi « consolante » que ceux d'Auber et Scribe. Il n'en est cependant pas qui tournent mal. Et leurs heureuses fins répondent à des commencements, à des péripéties qui d'ordinaire n'ont rien de trop fâcheux. Ici les alertes ne sont jamais sérieuses, et des plus chaudes alarmes (rappelez-vous le Déserteur) on se remet en un moment. Innocent et de bonne foi, l'opéracomique ignore jusqu'à l'ironie et à l'amertume de la comédie. Plutôt que de nous blesser, il se contente de nous divertir. Je sais dans le Déserteur une scène significative à cet égard, et je dirais symbolique, si rien était plus étranger, voire plus contraire que le symbole, au genre que nous étudions. C'est le passage où Bertrand, « le grand cousin », venu visiter Alexis dans sa prison, y fait la rencontre et la prompte connaissance du brigadier Montauciel. Prié par son nouvel ami de chanter, le nigaud de village entonne, en glapissant tout du haut de sa tête, une candide et joviale chanson. Elle commence par cette maxime,' ou cette déclaration, hurlée à pleine