‹ Les epoques de la musiqueChapitre 8 sur 37 · II · texte numérisé non relu

II

Beethoven remporte sur tous ses prédécesseurs en continuité, en intensité et en unité*. »

Tout cela, c'est lapracîical hasis; c'est la forme ou le style. Mais l'idée ou le sentiment, la poetical hasis, cela aussi a changé. La variété même introduite par Beethoven dans le nombre et dans l'ordre des morceaux me paraît significative. Elle atteste une coniiaîssance de la vie plus étendue et plus profonde. Beethoven sait qu'il est des âmes héroïques et toujours victorieuses. Pouf celles-là, qui ressemblent à la sienne, il écrit ses finales triomphants. Mais il y a des âmes plus faibles; il y eti a déplus heureuses ou de plus épargnées; accordant alors son génie avec leuf facile destin, Beethoven leilf consacre d'aimables menuets et des rondos mélodieux. Si votre jeunesse fut sans joie, la sonate en ut dièse mineur, douloureuse dès le commencement, est pouf vous; elle est vous. Le sort vous a-t-il frappé soudain, lisez le début de la Pathétique ou de l'op. m : vous y reconnaîtrez la brutalité de ses coups. Enfin, il n'est pas jusqu'aux dernières sonates qui, s'achevant par d'immenses fugues, par des variations splendides, ne nous invitent à finir comme elles dans la contemplation sereine, dans l'amour des lois éternelles et de l'ordre souverain.

M. Shedlock a bien senti qu'à propos de Beethoven plus que d'aucun ûutre, la question de la poetical bûsis devait être posée et résolue. « Un grand nombre, ditil, et même probablement le plus grand nombre des

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