‹ Les époques de la pensée de PascalChapitre 119 sur 129 · IL, VII, 9, et XXV, 128; M., 715 61472; B., 22 et · texte numérisé non relu

IL, VII, 9, et XXV, 128; M., 715 61472; B., 22 et

intelligible n'est pas toujours celui qui lui agrée le plus : il lui paraît parfois « ridicule ^ ». De là vient toute la difficulté ; de là vient que « la dernière chose qu'on trouve en faisant un ouvrage est de savoir celle qu'il faut mettre la première 2 ». Il s'agit en effet, tout en respectant la logique du raisonnement, de mettre au premier plan, en valeur, ceux des arguments qui peuvent le mieux toucher la volonté. Il n'est donc point possible de donner par avance les règles de cet ordre : c'est d'après la connaissance qu'il a de la personne de l'auditeur, et d'après la nature de son sujet, que celui qui veut convaincre disposera son discours. Ainsi, Pascal veut écrire ses pensées « sans ordre et non pas peut-être dans une confusion sans dessein » ; car c'en est « le véritable ordre, et qui marquera toujours son objet par le désordre même. Il ferait trop d'honneur à son sujet s'il le traitait avec ordre, puisqu'il veut montrer qu'il (ce sujet) en est incapable 3 ». On s'explique alors le nombre et la variété des pensées relatives à la disposition : Pascal voulait s'adresser à tous les hommes; et, « connaissant le pouvoir de l'ordre », il cherchait par des tâtonnements successifs à adapter son plan à la fois aux nécessités de son Apologie et aux sentiments variés qu'il pouvait supposer dans les âmes. C'aurait été même là, suivant lui, son originalité la plus indiscutable : « Qu'on ne dise pas que je n'ai rien dit de nouveau : la disposition des matières est nouvelle'.» Et l'on comprend mieux maintenant quelle valeur avait à ses yeux cette réponse : donner un ordre nouveau à ses arguments, c'est leur donner une force et presque un sens nouveaux.

Le naturel, lui, est surtout nécessaire pour charmer la volonté. Quand l'éloquence n'est qu' « une peinture de la pensée », un « portrait » fidèle de la réalité s, au lieu d'un auteur, on est « étonné et ravi de trouver un homme <^ » ; et,

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