Lettre au P. Mersenne
3. Cf. Bertrand, Blaùie Pascal (Galmann-Lévy, 1891), et, au contraire, radiniration de Leibniz.
difficultés théoriques ou matérielles, des atteintes de la maladie ou des maladresses des ouvriers, nous révèlent un trait important du caractère de Pascal. Toute sa vie, il se jettera avec le même élan dans la voie qu'il vient de découvrir, il luttera contre la nature, contre les autres, contre lui-môme, tant qu'il n'aura pas atteint le but qu'il « cherche en gémissant » ou réalisé l'idéal qu'il a rêvé. Pour le moment (1645), il est tout géomètre, et il place au premier rang cette « véritable science, qui, par une préférence toute particulière, a l'avantage de ne rien enseigner qu'elle ne démontre^ ».
Ce n'est pas tout : à cette date, son ardeur pour la science est encore excitée par l'amour de la gloire. Sa Machine enfin achevée, il se hâte d'en rendre la description publique, afin que tous la connaissent et sachent « qu'elle est le coup d'essai d'un jeune homme de vingt ans-». Ce n'est rien moins qu'un personnage illustre comme le chancelier Séguier qu'il choisit, pour lui dédier sa découverte. Et, dans son Avis à ceux qui verront la Machine arithmétique^ rien n'est plus curieux que la fierté avec laquelle il énumère soigneusement les difficultés qu'il a vaincues, si ce n'est l'emportement avec lequel il se plaint que des ouvriers maladroits, en construisant de mauvaises machines,