‹ Les époques de la pensée de PascalChapitre 22 sur 129 · g IV · texte numérisé non relu

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LE PREMIER JANSENISME 47

corruption profonde de l'homme, de la perversité du monde, de la distinction arbitraire des élus et des réprouvés, de la toute-puissance de la grâce, voilà, avec des cris de douleur et d'humbles remerciements, toute cette longue prière.

Nous retrouvons les mêmes principes rigides et la môme ferveur dans les lettres que Pascal écrivit de Paris à M"'* Périer en janvier 1648 et que Jacqueline et Pascal écrivirent à M™® Périer aux mois d'avril et de novembre de la même année ' : on sait que Pascal et Jacqueline, en ce moment à Paris, suivaient régulièrement les sermons de Singlin et avaient des relations étroites avec Port-Royal. Selon Pascal « il n'est point de crime qui ne soit plus injurieux pour Dieu, et plus détestable que d'aimer souverainement les créatures » ; et ils ne sont « véritablement parents )),Gilberte, Jacqueline et lui, que depuis le jour où ils ont été unis par la grâce (avril). On ne peut, suivant lui, apercevoir « les moyeng de salut sans une lumière surnaturelle » (avril) ; et la seule manière de les connaître, c'est « de les connaître par le mouvement intérieur de Dieu » ; par conséquent, remercier les hommes qui se sont entremis pour faire connaître la vérité, c'est <( former une petite opposition à la vue de Dieu » (novembre). Mais c'est peut-être la lettre du mois de janvier qui nous peint le mieux la vivacité

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