B., p. 84 (26 janvier), 87 (1 avril), 91 (3 novembre
des sentiments religieux dont il était enflammé. Il y encourage Jacqueline à u la continuation du grand dessein » que Dieu lui a inspiré, c'est-à-dire à entrer en religion, et nous le saisissons là dans toute la ferveur de son prosélytisme. Il ne se contente pas d'avoir amené sa sœur au jansénisme, il veut encore pousser plus loin dans la voie dé la perfection. La vie religieuse lui semble la seule digne d'une âme à qui Dieu a révélé la vérité.
La Lettre sur la mort de son père respire d'un bout à l'autre les mêmes sentiments* : mépris delà vie, car « tout ce qui est dans les hommes est abominable » ; — soumission aux décrets de la Providence, car « Dieu n'a pas abandonné ses élus au caprice et au hasard » ; — défiance de la nature, car « elle nous tente continuellement et l'appétit concupiscible désire souvent »; — espoir en la grâce de Dieu, car « sans Lui, nous ne pouvons rien faire, et ses plus saintes paroles ne prennent point en nous» ; — enfin, un effort effrayant pour se détacher des sentiments naturels, pour considérer la mort d'un père « comme une suite indispensable, inévitable, juste, sainte, utile au bien de l'Eglise et à l'exaltation de la grandeur de Dieu, d'un arrêt de sa Providence », pour « vouloir avec Lui, en Lui et pour Lui, la chose qu'il a voulue ». Et pourtant, Pascal n'est pas encore arrivé au détachement austère de la