‹ Les époques de la pensée de PascalChapitre 35 sur 129 · Tome I.p · texte numérisé non relu

Tome I.p

silencieusement, s'informa avec soin et, à l'arrivée, il était déjà corrigée C'est bien ainsi qu'on se le représente en effet, un peu arriéré, un peu gauche, mais suppléant vite aux lacunes de son éducation mondaine par la pénétration de son intelligence et par la justesse de son coup d'oeil.

C'est à ce moment sans doute, que Pascal considérant le (* long temps qu'il avait passé dans l'étude des sciences abstraites... commença l'étude de l'homme - ». 11 reconnut que la méthode des mathématiques n'était point la seule, et qu'elle ne pouvait rien hors de son domaine. A côté des principes, des axiomes et de leurs conséquences, qu'il avait jusque-là regardés comme les uniques objets de la connaissance rationnelle (la religion étant à part), il aperçut des choses plus compliquées, plus délicates et plus subtiles, les choses vivantes de l'esprit humain et de la société, qu'il faut avoir « bonne vue » pour voir : il distingua l'esprit de géométrie et l'esprit de finesse*^. Le premier c'était l'esprit « aux vues nettes, dures et inflexibles », la méthode sévère qui lui avait permis de faire ses découvertes. Mais il y renonçait en partie, il ne voulait plus se rendre ridicule en procédant, toujours par principes, démonstrations et conséquences. 11 vou-

1. Cf. Collet, loc. cit. — Toujours si son hypothèse est admise.

Page 1