‹ Les époques de la pensée de PascalChapitre 49 sur 129 · Pensées, H., xxiv, 16 bis; M., 492; B · texte numérisé non relu

Pensées, H., xxiv, 16 bis; M., 492; B

3. Lettres de Jacqueline à Pascal du 19 janvier 1655 (L. 0. M., p. 333;.

104 LA PENSKi: DE PASCAL, IV

sonnet ' dans cotto pensée : « Les choses qui nous tiennent le plus, comme de cacher son peu de bien, ce n'est souvent presque rien. C'est un néant f/ur Ho/rt* imagination grossi/ en montagne »? Et n'y a-t-il pas une trace de ces mortifications d'amour-propro dans le ton amer dont il parle de la noblesse, qui a drs dix-tiuit ans met un tiomnie eu passe, connu et respecté, comme un autre pourrait avoir mérité à cinquante >» et lui fait « gagner trente ans, sans peine- >»? Il avait cru trouver le bonheur, et n'avait trouvé que désappointement et désenchantement. Ajoutons-y surtout riniluence de Jacqueline, devenue Steur Kuphémie•^ C'était la personne qu'il aimait le plus, nous dit l'historien de Port-Royal; •< car il y avait une telle correspondance entre leurs sentiments qu'ils convenaient de tout; leurs deux cœurs n'étaient qu'un cu»ur et ils trouvaient l'un dans l'autre des consolations qui ne se peuvent comprendre qut* par ceux qui y ont passé »>. Ils avaient tous deux nu^me nature d'esprit et môme raractore; c'était avcM* elh» (|ue Pascal avait le ])liis vécu ; il TavîMl convertie, puis poussée aij couvent; il lui devait les émotions religieuses les plus pro-

1. Pensées, IL, v, 18: M.. 3:iG: D.. 8."» (et la première rédarlion : cacher sa naissance) et U., v. L'I; M., 027; IL, 322.

•2. Pensées, IL, v, 1".: M., 027; D., 322.

3. C'est la seule cause que M*"" Périer allègue : « Comme Dieu l'appelait à une grande perferlion... il se servit de ma sœur pour ce dessein .. Elle lui persuada ce qu'il lui avait persuadé le premier, de quitter absolument le monde...» (IL, t. I. p. i.xxii; B , p. 1"».'

DÉFINITIVE CONVERSION lOo

fondes : c'était Tenfant de son âme et elle aimait à s'appeler sa fille. D'autant plus passionnée qu'elle s'appliquait h mieux réprimer les mouvements de son cœur, douée d'une persévérance inébranlable qu'elle montra plus tard dans sa lutte avec Rome, enfoncée dans son jansénisme par la persécution qu'elle voyait approcher*, Jacqueline se sentait attachée à lui non seulement par les liens de la parenté naturelle, mais encore par les liens bien plus forts d'une parenté mystique. Elle ne pouvait se décider à laisser Pascal perdre son ame et, « gémissant de voir celui qui lui avait fait connaître le néant des choses du monde, s'y plonger lui-môme de plus en plus, elle lui en parlait avec autant de douceur que de force^». Accueilli à toutes ses visites par des prières et des exhortations pressantes, gagné par la ferveur qu'il sentait dans les paroles de sa sœur, comment Pascal aurait-il pu se défendre, lui qui déjà chanceUnt et se trouvait en lutte avec lui-nii^me?

En effet, si toutc^s ces causes (mt favorisé la seconde conversion de 1 fiscal, elles ne suffisent point à l'expliquer. Des incrédules ont pu souffrir de pareilles déceptions, supporter de pareilles douleurs physiques, ôtre en butte aux mômes suppli-

1. Cf. Sainte-Kei-vk, Pnrl-IUnjal, III,3.")0 s<|<|.; Coi^is, Jargueline Pascal (Didier, 1845); Mahie Dltoit, Jacqueline Pascal (Fischbacher, 1897).

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