Prière sur le bon usage
la mort Taidait encore à s'élever an défachement absolu : « Il n'est pas besoin d'avoir l'âme fort élevée ponr comprendre qu'il n'y a point ici de satisfaction véritable et solide, que tous nos plaisirs ne sont que vanité, que nos maux sont infinis, et qu'enfin la mort qui nous menace doit infailliblement nous mettre en peu d'années dans l'horrible nécessité d'être éternellement ou anéantis ou malheureux* ». Ainsi, il en était venu maintenant à mépriser facilement les séductions des plaisirs sensuels : il se sentait né pour l'infinité et ne pouvait donner son cœur à ce qui ne dure qu'un jour.
Mais il avait plus de peine à se libérer de la concupiscence de l'esprit, libido sciendi -. Une fois encore, par un amour invincible de la géométrie et par le travail involontaire de son esprit, il en revint à la science et se défendit mal du désir de la gloire : c'est à loccasion de la roulette. Encore faut-il remarquer que c'est malgré lui pour ainsi dire et pendant les insomnies causées par la souffrance qu'il avait résolu le problème; que, s'il se décida à porter un défi aux géomètres, ce fut sur les conseils du duc de Roannez (car il crut, — avec un peu de complaisance — qu'en triomphant, il donnerait à son Apologie plus d'autorité sur l'esprit des sa-