Pensées, H., xxv, 21 ; M., 868; B
plus réduitet là même son autorité est singulièrement amoindrie. Il faut se « moquer de la philosophie* » ; car elle ne peut aboutir qu'à l'athéisme ou au déisme, « deux choses que la religion chrétienne abhorre presque également-». Aucune philosophie ne vaut « une heure de peine •^)), puisque aucune philosophie ne donne la seule chose utile, la foi. Et tel est l'emportement de colère dont est saisi Pascal contre cette « raison impuissante'* » qu'il en veut d'un seul coup montrer toutes les misères. Non seulement il renie Descartes son ancien maître, qui, délaissant la révélation, a fondé sa doctrine sur des principes rationnels; mais encore, il poursuit cette raison jusqu'en ses derniers retranchements. Il montre, après Montaigne, que cette faculté superbe est troublée par une mouche, par un éternuement; il la montre séduite, corrompue par les passions et par la volonté pervertie, acceptant à la fin pour vrai ce qu'elle savait faux auparavant; il montre toutes les chances d'erreur que les préjugés, les traditions, les livres, les conversations accumulent devant les hommes "»; enfin, tout comme l'auteur des Essais l'avait fait avant lui, il « gourmande fortement et cruellement la raison