‹ Les époques de la pensée de PascalChapitre 69 sur 129 · Lettre à M»- Périer, 1639; B., p · texte numérisé non relu

Lettre à M»- Périer, 1639; B., p

pensée qu'il portait toujours écrite sur lui : « Il est injuste qu'on s'attache à moi...* », où ces sentiments et leurs causes sont si fortement exprimés ; et elle rappelle sa paisible résignation à la mort de Jacqueline. Et pourtant ce n'était point sécheresse de cœur, ni égoïsme de fanatique uniquement préoccupé de son salut : c'était mortification volontaire. Il avait en lui une bien vive puissance d'aimer, cet homme qui s'en défendait avec tant de soin, qui travaillait avec tant de passion à convertir les malheureux incrédules, qui, jusqu'aux derniers temps de sa vie, a montré une si profonde tendresse pour les pauvres et dont la dernière œuvre, si péniblement entreprise, est un livre de prosélytisme et de charité^.

Enfin, pour pousser l'anéantissement de son moi jusqu'au bout, Pascal devait abjurer tout reste d'amour-propre. Il se surveillait entièrement contre la passion de primer, cupido excellendi, concupiscence que Jansénius a mise au rang des deux autres, et dont un esprit entier comme le sien devait avoir peine à se défendre. D'après M""^ Périer^, il s'en défendait jusque dans la façon de faire la charité, « croyant que la manière la plus agréable à Dieu était de servir les pauvres pauvrement... sans

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