Ibid.j Appendice 1, p
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selle », et, dans son épitaphe, lui-même est appelé écuyer. Nous savons, d'ailleurs, qu'il avait des armoiries S puisqu'il les a changées après le miracle de la Sainte-Epine. Il était donc d'une bonne noblesse de robe; et, à considérer leur tableau généalogique 2, il semble qu'il y ait eu comme une dynastie des Pascal dans les cours de justice de l'Auvergne. Toutefois, si ancienne que fût sa noblesse, elle était cependant assez modeste : la noblesse de robe ne pouvait rivaliser avec la noblesse d'épée, et un magistrat de Parlement de province n'est pas un de ces personnages de marque qui priment en tout lieu. Ainsi sa naissance le plaçait à un rang intermédiaire, plus éloigné du peuple que des gentilshommes de grande race, dans cette haute bourgeoisie qui formait la classe la plus sérieuse de l'Etat.
Son père, Etienne Pascal, possédait vraisemblablement une certaine fortune. Nous n'avons point à ce sujet de renseignements très précis et trèssûrs^; nous savons seulement qu'il avait placé son bien en rentes sur l'Hôtel de Ville, puisqu'il fut un ins-
1. Il prit un œil (ou un ciel) entouré d'une couronne d'épines. (Sainte-Beuve, Port-Royal^ III, 184.) — Seulement ces armoiries n'étaient peut-être qu'un cachet.
3. GoNOD, Recherches sur la maison où B. Pascal est ne, et sur la fortune d'Etienne Pascal (Glermont, 1847). Cf. Maurice Barrés, Peut-on conserver et doit-on conserver la maison de Pascal (Écho de Paris, 7 et 14 septembre 1900).
tant compromis par ses protestations contre le retranchement d'un quartier ^ Mais, pour qu'il renonçât à sa charge lucrative- et qu'il vint s'établir à Paris sans y solliciter aucune fonction, lui qui avait un fils à élever et deux filles qu'alors il comptait bien marier toutes deux, il fallait assurément que ses revenus lui assurassent une existence indépendante.
Il est vrai que, en 1653, nous verrons Pascal essayer de retenir une part de la fortune paternelle que Jacqueline veut donner au couvent; la mère Agnès reconnaîtra alors « qu'il ne lui reste pas assez pour vivre comme les autres de sa condition'^ » ; et M""® Périer nous apprend que, plus tard, il avait
1. En 1630, Etienne Périer avait vendu sa charge et la plus grande partie de ses biens et, en 1631, il s'était transporté avec tous les siens à Paris, où il comptait trouver plus de ressources pour l'éducation de son fils. 11 avait alors placé sa fortune en rentes sur l'Hôtel de Ville. En 1638, le chancelier Séguier retrancha un quartier de ces rentes et les porteurs se plaignirent : « 11 se dit ce jour-là des paroles et même, on fit quelques actions un peu violentes et séditieuses. » Comme Etienne Pascal « s'était rencontré chez M. le chancelier avec beaucoup d'autres personnes qui avaient intérêt comme lui, aux rentes de l'Hôtel de Ville », il fut pris pour un des meneurs, et le cardinal le désigna avec trois autres pour être mis à la Bastille. Etienne Pascal se cacha : il revint au mois de septembre seulement, lorsque Jacqueline fut atteinte de la petite vérole: encore passa-t-il l'hiver enfermé dans sa maison. Il ne rentra en grâce qu'en avril 1639, après que Jacqueline eût joué, avec d'autres enfants, ÏAmour tijrannique de Scudéry devant le cardinal et eût su lui plaire (Cf. M"" Périer, Vie de Jacqueline Pascal, et Jacqueline Pascal, Letlve à son père, du 4 avril 1639, dans L. 0. M., p. 305).
*2. n était second président en la Cour des aides de Clermont.
3. Cf. L. O.M., Relalion de sœur Jacqueline de Sainte-Euphémie.
LE MILIEU i3
« peu de bien », que sa dépense « excédait son revenu^ », et que parfois il était réduit à emprunter. Mais la fortune de son père était en ce moment partagée entre ses sœurs et lui ; ses maladies longues et pénibles lui avaient coûté beaucoup ; sa vie mondaine, à l'époque où parle la mère Agnès, devait Tentraîncr h des frais assez considérables, car il voulait sans doute égaler en tout les jeunes gens plus riches que lui avec lesquels il était lié; et, à la fin, c'étaient ses aumônes excessives qui le forçaient à recourir aux banquiers. Dans la première période de sa vie, nous ne voyons jamais trace d'une pareille gêne et il a certainement vécu à son aise, sans privation, môme du superflu.
La riche bourgeoisie et la noblesse de robe, sous l'Ancien Régime, ont toujours afl'ecté ime certaine indépendance en matière de religion. C'est parmi les notables et les magistrats que se sont recrutés les défenseurs les plus obstinés des libertés gallicanes menacées par les ultramontains. Et, h l'égard même de l'église gallicane ou du moins à l'égard du clergé, ils se piquaient de garder leur libre jugement et leur libre parler. Avec l'originalité et la verve en moins, avec la décence et la gravité en plus, la plupart semblent avoir eu les opinions qu'a exprimées un Guy-Patin, par exemple : leur religion était solide, leur piété sincère, leur cœur