Vie de Pascal^ H., t. I, p. lxxx; B., p
chrétien, mais leur langue franche et volontiers hardie. C'est pour cela d'ailleurs qu'ils ont si facilement accepté le jansénisme^ : cette doctrine austère satisfaisait à leurs tendances morales et à leur sérieux professionnel ; et elle se refusait à subir le joug de Rome, dans le temps oii le gallicanisme semblait s'y résigner — précisément pour la mieux combattre.
Magistrat et d'une famille de magistrats, Etienne Pascal apportait dans les choses de la religion la môme gravité respectueuse, tempérée par la même liberté. Sa foi, sans aucun doute, était sans réserves : l'air du siècle était chrétien et le père de Pascal ne s'y sentait point gêné. C'est sans restriction aucune qu'il pouvait protester de son très grand respect pour la religion; et c'est tout naturellement qu'il l'inspirait à son fils, « lui donnant pour maxime que tout ce qui est l'objet de la foi ne le saurait être de la raison, et beaucoup moins y être soumis 2 ».
Toutefois c'était im peu,semble-t-il, cette « religion de coutume » dont parle Pascal, en déplorant qu'elle soit celle de tant de chrétiens -K Uniquement acceptée par l'esprit, elle ne pénétrait point, pour ainsi dire, jusqu'au cœur; elle n'était pas l'unique
1 . Comme le protestantisme, à l'époque de François I" et Henri II, le stoïcisme au xvi* siècle.