Cf. la Provinciale xviii
de subterfuge possible. Il fallait ou se soumettre OU se séparer de la communion du Chef deTEglise. Alors Pascal soutint nettement que le pape avait condamné le vrai dogme de la grâce, au sens de Jansénius et de saint Augustin, que par suite il était dans Terreur, et que signer le formulaire imposé, même avec des restrictions, c'était ou trahir la vérité et égarer les fidèles ou la compromettre et les scandaliser. Seul de son avis, il le soutint avec la plus grande énergie contre ses amis chancelants; et, un jour, désespéré de leur défection, après un long débat, il perdit connaissance ^ On comprend bien le sentiment qui l'animait : puisque Dieu lui-même avait témoigné en faveur du jansénisme, il fallait tout braVer, pour soutenir cette cause sacrée, tout, jusqu'à l'excommunication, comme saint Athanase^. Le dogme de l'infaillibilité pontificale n'avait point encore été défini, il est vrai ; mais comment cette obstination s'accordait-elle avec les déclarations répétées de Pascal, que «< le corps n'est pas plus vivant sans le chef, que le chef sans le corps ^ »? Comment s'accordait-elle avec le principe d'autorité, qui est le fondement du catholicisme? Comment avec cette prétention singulière
1. Novembre 1661. Cf. la Lettre de M"" Périer au curé de Saint- Etienne du Mont et le récit de Marguerite Périer (L. 0. M., p. 88 et 464).