Pensées, H., x,8 ; M., 424; B
inspiratrice des actions, la seule règle de la con-
duite. La religion aisée, indulgente, d'Etienne Pascal se conciliait sans peine avec les obligations et les plaisirs de la vie profane et mondaine : comme le dit sévèrement Thistorien de Port-Royal: « Il avait de la piété, mais elle n'était pas éclairée. Une connaissait pas encore les devoirs de la vie chrétienne et il croyait pouvoir allier des vues de fortune avec l'Evangile ^ » Ces sentiments ont plus tard laissé quelques traces dans la conduite d'Etienne Pascal, môme après sa conversion : comment expliquer autrement que lui, un janséniste fervent, ait jusqu'à sa mort interdit à sa fille Jacqueline l'entrée du couvent?
Et môme, la famille de Pascal était d'abord tellement éloignée des voies d'un christianisme austère qu'elle avait contre la vie religieuse des préventions qui ne sont point sans nous surprendre. M"' Périer ne nous dit-elle pas de celle qui sera plus tard sœur Euphémie : « qu'elle avait un grand éloignement et même un peu de inépris pour la religion [c'est-à-dire ici le couvent], parce qu'elle croyait qu'on pratiquait des choses qui n'étaient pas capables de satisfaire un esprit raisonnable 2. » Il
n'est pas jusqu'à ce respect qu'Etienne Pascal